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Appel n°2 revue Plurilinguisme littéraire

Revue internationale et interdisciplinaire

Appel à contributions : Écritures de soi plurilingues et intertextualité

Dossier thématique dirigé par Louise Sampagnay (CEGIL, Université Sorbonne Nouvelle) et Dirk Weissmann (CREG, Université Toulouse Jean-Jaurès/ITEM)

Écritures de soi plurilingues et intertextualité

Multilingual Self-Writing and Intertextuality

Mehrsprachigkeit und Intertextualität im autobiographischen Schreiben

Scritture autobiografiche plurilingui e intertestualità

Escrituras plurilingües del yo e intertextualidad

Escritas de si plurilingues e intertextualidade

Date limite d’envoi des propositions : 30 septembre 2026

Langues acceptées : français, anglais, allemand, espagnol, italien, portugais

Contacts : dirk.weissmann@univ-tlse2.fr ; louise.sampagnay@sorbonne-nouvelle.fr

Présentation de la revue

La revue internationale et interdisciplinaire Plurilinguisme littéraire est une revue annuelle en libre accès, publiée en format numérique. Elle est consacrée à l’étude des pratiques d’écriture, de création et de circulation des œuvres littéraires produites par des écrivains plurilingues, ainsi qu’aux cadres théoriques, critiques et méthodologiques permettant de les analyser.

Elle accueille des contributions relevant des études littéraires, de la linguistique, de la traductologie, de la critique génétique, de la sociolinguistique, de la psycholinguistique, des sciences cognitives ou encore de la didactique des langues et des littératures, dès lors qu’elles interrogent la créativité littéraire en situation de pluralité langagière.

La revue publie des articles en six langues : français, anglais, allemand, espagnol, italien et portugais. Les articles soumis font l’objet d’une évaluation en double aveugle. La publication en ligne est gratuite et en accès libre sur la plateforme de l’éditeur.

Argumentaire

Le dossier thématique du n° 2 de la revue, « Écritures de soi plurilingues et intertextualité », dirigé par Louise Sampagnay et Dirk Weissmann, examinera les fonctions, modalités et limites de l’intertextualité dans les récits de soi plurilingues : autobiographies, memoirs, autofictions, essais autoréflexifs et autothéoriques, récits d’apprentissage, de filiation, d’exil et de migration.

Hypothèse centrale

Dans les écritures de soi plurilingues, l’intertextualité ne correspond ni à un réseau de références érudites, ni à un ornement visant à littérariser le texte : elle fonctionne plutôt comme un opérateur de subjectivation, de légitimation, d’affiliation et parfois de désaffiliation. Le rapport à soi se construit autant dans la relation à d’autres traditions de lecture et modèles d’écriture que dans le récit d’une trajectoire individuelle entre les langues.

Dans le prolongement des travaux sur la représentation littéraire du sujet plurilingue (Kramsch 2004 ; Ausoni 2018 ; Grell-Borgomano et Devésa 2019), ce dossier propose d’élargir le cadre théorique des language memoirs (Kaplan 1994 ; Kramsch 2009 ; Kellman 2019) vers une acception plus ouverte des écritures de soi plurilingues, attentive aux formes, aux relations intertextuelles et aux pratiques traductives.

Corpus

Les récits étudiés pourront :

– être écrits dans une langue acquise tardivement, adoptée délibérément, héritée, imposée, perdue puis retrouvée, ou élue comme seule langue littéraire ;

– mettre en scène plusieurs langues sans nécessairement les inscrire toutes dans le tissu textuel sous la forme d’un code-switching écrit et littérarisé ;

– réfléchir aux conditions d’acquisition, de perte, de transmission ou de traduction des langues et des textes d’autres auteurs et autrices ;

– construire une généalogie littéraire à travers un régime de lectures, de citations, de traductions ou de scènes de médiation entre plusieurs traditions linguistiques ;

– interroger les rapports de domination entre langues majoritaires ou minorées, coloniales ou postcoloniales, scolaires, familiales, migrantes ou diasporiques.

Les corpus pourront aller des language memoirs explicitement centrés sur l’apprentissage linguistique (French Lessons d’Alice Kaplan, In altre parole de Jhumpa Lahiri, Lost in Translation d’Eva Hoffman, Une langue venue d’ailleurs d’Akira Mizubayashi) à des formes plus hybrides (Mutterzunge d’Emine Sevgi Özdamar, Le Testament français d’Andreï Makine, Nord perdu de Nancy Huston), y compris des textes où l’expérience plurilingue travaille la voix narrative, la mémoire culturelle ou des modèles eux-mêmes plurilingues de légitimation littéraire.

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Parution : Pour qui je me prends de Lori Saint-Martin

Pour qui je me prends

Pour qui je me prends

Lori Saint-Martin

Paris, éditions de l’Olivier, 2023. 1re édition, Montréal, éditions du Boréal, 2020.

Lori Saint-Martin, née en 1959 à Ontario, et morte à Paris en 2022, était écrivaine, traductrice et enseignante-chercheuse à l’université du Québec à Montréal, spécialiste de l’oeuvre de Gabrielle Roy et des études féministes de la littérature.

Elle publie en 2020 un récit autobiographique sur son parcours langagier, avec la découverte du français, l’abandon de l’anglais, puis sa réappropriation de la mémoire familiale, qui la conduit à interroger aussi le rapport à l’allemand, langue de sa famille et d’une importante communauté germanophone de sa ville natale autrefois nommée Berlin, puis l’espagnol, langue apprise tardivement.

Ainsi réfléchit-elle sur les liens familiaux et linguistiques, entre héritage impossible, fuite et réinvention, rupture et réconciliation.

Présentation de l’édition française :

« Si j’ai changé de vie et de langue maternelle, c’était pour pouvoir respirer alors que j’avais toujours étouffé. »

Lori naît au Canada, à Kitchener, dans une petite ville anglophone de l’Ontario où le destin semble joué d’avance pour une fille de la classe ouvrière. Dès l’enfance, elle ressent un malaise que l’adolescence amplifie. Elle rêve de fuir, de se transformer pour devenir pleinement elle-même. Première étape : elle apprend le français et décide d’en faire sa langue maternelle. La littérature sera son sésame vers une autre existence. Conquérir les mots, c’est gagner son indépendance, trouver la voix du courage.
À l’éternelle question de sa mère, Who do you think you are ?, Lori Saint-Martin réplique par ce livre. Pour qui je me prends est le récit lumineux d’une femme qui a su se réinventer.