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Appel à com : Apprendre une langue, devenir autre ? Mises en récit et en scène de l’altérité dans la fiction et les expériences vécues – janvier 2027 Grenoble

Colloque international 28-29 janvier 2027, Université Grenoble Alpes

Les propositions de communications d’environ 500 mots, accompagnées d’une bio-bibliographie, seront à déposer :

Colloque organisé par Clémence Jaime (Litt&Arts) et Catherine Muller (LIDILEM)

Dans le roman Leçons de grec (trad. fr. 2017), de Han Kang, la protagoniste coréenne fait le choix d’apprendre le grec ancien. Elle cherche ainsi à « retrouver le langage par sa propre volonté. […] S’il y avait eu des cours de birman ou de sanscrit, deux langues qui ont recours à des systèmes scripturaux qui lui sont encore plus étrangers, elle les aurait choisis sans hésiter » (p. 22). Au contraire, dans nombre de récits d’apprentissage linguistique, surtout en contexte d’exil, la langue apprise est liée à une violence et une dépossession plutôt qu’à un retour vers ce qui serait une harmonie originelle. 

L’apprentissage des langues peut s’inscrire dans des rapports de pouvoir, de domination ou de résistance, où la rencontre avec l’altérité linguistique engage des enjeux politiques, identitaires et historiques. Il mobilise également le corps, la voix, la posture et les affects, participant à une forme d’incorporation de l’altérité. Enfin, il peut être envisagé non comme l’acquisition d’une langue isolée, mais comme une reconfiguration du répertoire plurilingue du sujet, impliquant des circulations, des tensions ou des recompositions entre les langues (Castellotti, 2017).

La mise en récit, et en scène, de l’apprentissage d’une langue, dans les œuvres littéraires comme dans les récits d’expérience didactique, s’inscrit dans une perspective biographique attentive à la construction du sujet plurilingue (Molinié, dir., 2006). Elle s’accompagne fréquemment de discours sur le degré d’altérité (Dabène, 1994 ; Galligani, 2019) perçu ou construit de la langue, ainsi que de supposés effets de ce processus sur le sujet qui apprend, qui pourrait devenir « comme un autre » (Ricoeur, 1990). Elle peut également se manifester à travers des procédés textuels tels que l’insertion de segments en langue étrangère, la traduction ou au contraire le maintien d’une forme d’opacité linguistique, invitant le lecteur à faire lui-même l’expérience de l’altérité, ainsi que par des choix d’écriture qui rendent sensible l’altérité linguistique (Cros & Godard, dir., 2022 ; Woerly, 2024).

Ce colloque international propose d’explorer la manière dont l’apprentissage des langues, présenté comme une expérience d’altérité et de transformation de soi, est mis en récit, en scène et en discours. Dans une approche interdisciplinaire croisant sciences du langage, didactique et études littéraires, il vise à interroger les représentations de cette expérience, qu’elle apparaisse comme vecteur d’harmonie ou d’hospitalité linguistique (Cassin, 2012) ou qu’elle inscrive le locuteur dans des rapports de force et de domination symboliques et politiques. Le regard porté sur ces questions, à travers des corpus relevant de la fiction, des arts ou des récits d’expériences vécues, permettra de mettre au jour des processus de subjectivation ainsi que des représentations contrastées (Moore, dir., 2001). Dans cette perspective, les imaginaires associés aux langues peuvent également se donner à voir à travers des dispositifs visuels, qui constituent d’autres formes de mise en scène de l’expérience d’apprentissage, donnant accès à la manière dont celle-ci est vécue, perçue et mise en forme par les sujets eux-mêmes, notamment dans des approches récentes mobilisant des méthodes graphiques et réflexives (Kalaja & Melo-Pfeifer, dir., 2024).

Ces tensions entre altérité, transformation et rapports de pouvoir se manifestent dans des contextes variés. Nabil Wakim a ainsi récemment souligné combien la langue arabe est taboue en France (2020), tandis qu’Émilie Picherot a mis en exergue, à partir de l’étude d’humanistes européens du XVIe siècle, les pouvoirs d’« altération » associés à cette langue (Picherot, 2023). À l’inverse, Akira Mizubayashi, dans Une langue venue d’ailleurs (2010), raconte ses efforts pour incorporer le français, dont la culture et la musicalité sont sources de désir, mettant en jeu des dynamiques d’attraction, de projection et d’identification à la langue. Altération, devenir autre, subjectivation, transformation de soi ou encore incorporation de la langue étrangère constituent autant de notions que ce colloque se propose d’explorer.

Il s’agira alors d’examiner comment les expériences d’appropriation linguistique, en tant qu’expériences de transformation et de rencontre avec l’altérité, sont données à voir dans différents types de productions (littérature, cinéma, théâtre, récits autobiographiques, biographies langagières, entretiens avec des apprenants, dessins réflexifs…). Que nous disent ces représentations des imaginaires linguistiques, des rapports aux langues et des processus de subjectivation ? Plusieurs axes, non exhaustifs, sont envisagés pour explorer ces questions. 

Axe 1. Distance et proximité : éprouver l’altérité

  • Perception de la distance linguistique et culturelle
  • Familiarité / étrangeté / « xénité »
  • Insertion de segments plurilingues et effets d’étrangeté 

Axe 2. Désir et crainte de transformation

  • Devenir autre / rester soi
  • Transformations souhaitées ou redoutées
  • Tensions au sein de l’identité liées à l’apprentissage

Axe 3. Expériences sensibles et incarnées de l’altérité linguistique

  • Dimensions corporelles de l’expérience linguistique (voix, prononciation, posture, gestualité)
  • Affects, émotions et rapports sensibles aux langues
  • Place et rôle des expériences esthétiques et artistiques dans les récits d’apprentissage

Axe 4. Langues, altérité et rapports de pouvoir

  • Représentations idéologiques des langues
  • Hiérarchies linguistiques et imaginaires sociaux
  • Tensions entre appropriation, résistance et formes de domination

Modalités de soumission

Les propositions de communications d’environ 500 mots, accompagnées d’une bio-bibliographie, seront à déposer sur le site SciencesConf du colloque https://alteriteal.sciencesconf.org/, avant le 15 juin 2026.

Le colloque aura lieu les 28-29 janvier sur le campus de l’Université Grenoble Alpes.

Une publication des travaux est prévue à l’issue du colloque. 

Références bibliographiques

  • Cassin, B. (2012). Plus d’une langue. Bayard.
  • Castellotti, V. (2017). Pour une didactique de l’appropriation. Diversité, compréhension, relation. Didier.
  • Cros, I. & Godard, A. (dir.). (2022). Écrire entre les langues. Littérature, traduction, enseignement. Éditions des archives contemporaines.
  • Dabène, L. (1994). Repères sociolinguistiques pour l’enseignement des langues. Hachette.
  • Galligani, S. (2019). Les notions de distance vs. proximité symbolique dans une démarche biographique : illustration avec des récits narratifs de futurs enseignants de FLE. Colloque Didactique des langues et plurilinguisme. 30 ans de recherche, 14 novembre 2019. Université Grenoble Alpes. 
  • Kang, H. (trad. fr. 2017). Leçons de grec. Le serpent à plumes.
  • Kalaja, P. & Melo-Pfeifer, S. (2024). Visualising Language Students and Teachers as Multilinguals: Advancing Social Justice in Education. Multilingual Matters. 
  • Molinié, M. (dir.). (2006). Biographies langagières et apprentissage plurilingue. Le français dans le monde – Recherches et applications, n° 39.
  • Mizubayashi, A. (2010). Une langue venue d’ailleurs. Gallimard.
  • Moore, D. (dir.). 2001. Les représentations des langues et de leur apprentissage. Références, modèles, données et méthodes. Didier.
  • Picherot, E. (2023). La Langue arabe dans l’Europe humaniste, 1500-1550. Classiques Garnier.
  • Ricœur, P. (1990). Soi-même comme un autre. Éditions du Seuil.
  • Wakim, N. (2020). L’arabe pour tous. Pourquoi ma langue est taboue en France. Éditions du Seuil.
  • Woerly, D. (2024). Le continuum hétérolingue dans les bandes dessinées de la migration : de l’effet de réel à l’expérience plurilingue. Language Education and Multilingualism – The Langscape Journal, 7, 14‑29.

Organisatrices du colloque 

  • Clémence Jaime (ATER, Université Grenoble Alpes, Litt&Arts)
  • Catherine Muller (MCF HDR, Université Grenoble Alpes, LIDILEM)

Conférencières invitées

  • Stéphanie Galligani, Université Grenoble Alpes, LIDILEM
  • Anne Godard, Université Sorbonne Nouvelle, DILTEC

Comité scientifique 

  • Maria Helena Araújo e Sá, Université d’Aveiro, Portugal
  • Sara de Balsi, Cergy Université, France
  • Ariane Bayle, Université Jean Moulin Lyon 3, France
  • Béatrice Blin, Universidad Nacional Autónoma de México, UNAM, Mexique
  • Lucile Cadet, Cergy Université, France 
  • Véronique Castellotti, Université de Tours, France
  • Catherine David, Aix-Marseille Université, France
  • Fryni Doa, Université de Chypre, Chypre
  • Rosa Maria Faneca, Université d’Aveiro, Portugal
  • Catherine Felce, Université Grenoble Alpes, France
  • Pauline Franchini, Université Jean Moulin Lyon 3, France
  • Elżbieta Gajewska, UKEN, Pologne
  • Stéphanie Galligani, Université Grenoble Alpes, France
  • Anne Godard, Université Sorbonne Nouvelle, France
  • Sanae Harada, Université Sophia, Japon
  • Linda Koiran, Mines Paris, PSL, France
  • Diana Lee-Simon, Université Grenoble Alpes, France
  • Véronique Lemoine-Bresson, Université de Lorraine, France
  • Dora Loizidou, Université de Chypre, Chypre
  • Dominique Macaire, Université de Lorraine, France
  • Sílvia Melo-Pfeifer, Universität Hamburg, Allemagne
  • Mona Mohsen, Université Ain Shams, Egypte
  • Muriel Molinié, Université Sorbonne Nouvelle, France
  • Danièle Moore, Simon Fraser University, Canada
  • Małgorzata Niziołek, UKEN, Pologne
  • Émilie Picherot, Université de Lille, France
  • Alexis Pignol, Université Grenoble Alpes, France
  • Anthippi Potolia, Université Paris 8, France
  • Josilene Pinheiro-Mariz, Université Fédérale de Campina Grande, Brésil
  • Julia Putsche, Université de Strasbourg, France
  • Agathe Salha, Université Grenoble Alpes, France
  • Érica Sarsur, Universidade de São Paulo, Brésil
  • Maria Victoria Soule, Université de Chypre, Chypre 
  • Dimitra Tzatzou, Université de Rouen, France
  • Monica Vlad, Université de Constanta, Roumanie 
  • Camille Vorger, Université de Lausanne, Suisse
  • Donatienne Woerly, Université Sorbonne Nouvelle, France
  • Safa Zouaidi, Université de Gabès, Tunisie

Parution : Pour qui je me prends de Lori Saint-Martin

Pour qui je me prends

Pour qui je me prends

Lori Saint-Martin

Paris, éditions de l’Olivier, 2023. 1re édition, Montréal, éditions du Boréal, 2020.

Lori Saint-Martin, née en 1959 à Ontario, et morte à Paris en 2022, était écrivaine, traductrice et enseignante-chercheuse à l’université du Québec à Montréal, spécialiste de l’oeuvre de Gabrielle Roy et des études féministes de la littérature.

Elle publie en 2020 un récit autobiographique sur son parcours langagier, avec la découverte du français, l’abandon de l’anglais, puis sa réappropriation de la mémoire familiale, qui la conduit à interroger aussi le rapport à l’allemand, langue de sa famille et d’une importante communauté germanophone de sa ville natale autrefois nommée Berlin, puis l’espagnol, langue apprise tardivement.

Ainsi réfléchit-elle sur les liens familiaux et linguistiques, entre héritage impossible, fuite et réinvention, rupture et réconciliation.

Présentation de l’édition française :

« Si j’ai changé de vie et de langue maternelle, c’était pour pouvoir respirer alors que j’avais toujours étouffé. »

Lori naît au Canada, à Kitchener, dans une petite ville anglophone de l’Ontario où le destin semble joué d’avance pour une fille de la classe ouvrière. Dès l’enfance, elle ressent un malaise que l’adolescence amplifie. Elle rêve de fuir, de se transformer pour devenir pleinement elle-même. Première étape : elle apprend le français et décide d’en faire sa langue maternelle. La littérature sera son sésame vers une autre existence. Conquérir les mots, c’est gagner son indépendance, trouver la voix du courage.
À l’éternelle question de sa mère, Who do you think you are ?, Lori Saint-Martin réplique par ce livre. Pour qui je me prends est le récit lumineux d’une femme qui a su se réinventer.

Projection du film “Notre endroit silencieux” dans le cadre de la résidence d’écriture d’Elitza Gueorguieva à l’Inalco

Dates :  Jeudi 14 mars 2024 – 18:30 – 21:00

Lieu :  Amphi 3, Inalco, INALCO, 65 rue des Grands Moulins – 75013

Projection du film Notre endroit silencieux suivie d’un dialogue avec l’écrivaine biélorusse Aliona Gloukhova

Séance animée par Marielle Anselmo, professeure agrégée (PLIDAM/Inalco)

Cette rencontre est la deuxième d’un cycle organisé dans le cadre de la résidence d’écriture de l’écrivaine franco-bulgare Elitza Gueorguieva à l’Inalco. Celle-ci anime deux ateliers d’écriture à destination des étudiants de Licence et de Master et participe à une série de rencontres avec des écrivaines qui partagent avec elle le fait d’être translingues, c’est-à-dire d’être passées de leur langue maternelle au français, langue d’écriture. 

Dans son film Notre endroit silencieuxElitza Gueorguieva interroge Aliona Gloukhova, sorte de double écrivant, sur son rapport à sa biographie et à l’écriture en langue autre : le père d’Aliona, dissident silencieux, ingénieur à Tchernobyl, a mystérieusement disparu un jour dans la mer. Vingt ans plus tard, Aliona quitte son pays, la Biélorussie, pour écrire un roman sur cette histoire, dans une autre langue que la sienne.
Les deux écrivaines dialogueront après la projection du film. 

Aliona Gloukhova est née à Minsk (Biélorussie) en 1984. Après des études en arts visuels à Saint-Pétersbourg, puis en sciences de l’éducation à Poitiers, Madrid et Lisbonne, elle travaille comme traductrice, journaliste, enseignante et organisatrice culturelle. Titulaire d’un master de création littéraire de l’université Paris 8, elle vit à Pau depuis 2015. Elle est l’autrice de Dans l’eau je suis chez moi (Verticales, 2018), qui a été adapté en fiction documentaire, Notre endroit silencieux, réalisée par Elitza Gueorguieva (Les Films du Bilboquet) et de deux autres romans aux éditions Verticales, De l’autre côté de la peau (2020) et Nos corps lumineux (2023).

Elitza Gueorguieva est née à Sofia, Bulgarie. Elle vit et travaille en France depuis 2000, où elle se consacre à des projets de cinéma, d’écriture et de performances. Elle a publié deux romans aux éditions Verticales : Les cosmonautes ne font que passer (2016)  et Odyssée des filles de l’Est, paraît aux éditions Verticales (2024). Elle a réalisé plusieurs films documentaires dont Chaque mur est une porte (2017) et Notre endroit silencieux (2021). Elle réalise des performances pour différents lieux scéniques.

Cette résidence d’écriture est réalisée dans le cadre du programme de résidences de la Région Ile-de-France. Elle est portée par le Master de Traduction Littéraire, avec le soutien des équipes PLIDAM, CERLOM, CREE et la collaboration de l’UMR THALIM.

Présentation de la résidence sur le site de l’INALCO :

http://www.inalco.fr/actualite/lancement-premiere-residence-ecriture-inalco-ecrivaine-franco-bulgare-elitza-gueorguieva : Projection du film “Notre endroit silencieux” dans le cadre de la résidence d’écriture d’Elitza Gueorguieva à l’Inalco

Et sur le site remue.net :

https://remue.net/elitza-gueorguieva-a-l-inalco-paris-13 : Projection du film “Notre endroit silencieux” dans le cadre de la résidence d’écriture d’Elitza Gueorguieva à l’Inalco

Exil et traduction : phénomènes parallèles et croisements

JOURNÉES D’ÉTUDE 27 et 28 mars 2023

Exil et traduction : phénomènes parallèles et croisements

Organisées par Stéphane Cermakian (Aix-Marseille Université, IREMAM) et Annamaria Bianco (Université de Toulouse 2, Jean Jaurès, Aix-Marseille Université, IREMAM).

27-28 mars 2023, Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (MMSH), salle Duby, 5 rue du Château de l’Horloge, Aix-en- Provence. Un lien zoom est proposé pour les personnes ne pouvant pas se déplacer. Pour obtenir le lien, merci de contacter Stéphane Cermakian et Annamaria Bianco : stephane.cermakian@univ-amu.fr ; annamaria.bianco@univ-tlse2.fr 

PROGRAMME

LUNDI 27 MARS 2023

8h45 – Accueil des participants

9h00 – Présentation inaugurale du colloque

9h30 – Conférence d’Alexis Nuselovici, professeur de littérature comparée (Aix-Marseille Université, CIELAM).

10h30 – 12h00 – 1. Pays d’origine, communauté en exil et tiers espace
Présidence de séance : Alexis Nuselovici, professeur de littérature comparée (Aix-Marseille Université, CIELAM).
 
– Atinati Mamatsashvili (Université d’État Ilia, ILC, Tbilissi, NIAS, Amsterdam), « Entre deux langues, entre deux patries : un difficile exil des écrivains géorgiens en France dans les années 1920-1940 ».
– Gérard Groc (Aix-Marseille Université, IREMAM), « Un exil en trois langues : Zaven Biberian, un intellectuel arménien en Turquie ».
– Giacomo Longhi (Université Sapienza, ISO, Rome), “From Tehran to Stockholm: a sarcastic representation of Iranian political refugees in a contemporary Persian novel”.
 
14h00-16h00 – 2. Traduire l’exil, traduire en exil 
Présidence de séance : Richard Jacquemond, directeur de l’IREMAM et professeur de langue et littérature arabes modernes (Aix-Marseille Université, IREMAM).
 
– Héléna Demirdjian Ulas (Université Paul-Valéry, RIRRA21, Montpellier), « Traduire un roman de l’exil : un paradoxal ancrage ».
– Chakib Ararou (Aix-Marseille Université, IREMAM, ENS Paris), « Un traducteur par exils : le cas d’Abdellatif Laâbi » (intervention à distance).
– Santa Vanessa Cavallari (Aix-Marseille Université, CIELAM, Université de Pise), « S’auto-transduire pour résister à l’exil. Apprivoisement des espaces exiliques dans На Тайти et à Tahiti ».
– Annamaria Bianco (Université Toulouse 2, Jean Jaurès, Aix-Marseille Université, IREMAM), « Villes-refuges, writing grants et programmes de traduction : accueil et soutien des écrivain·e·s arabes exilé·e·s en Europe ».
 
16h30 – 18h00 – 3. Exil, espace théâtral et traduction
Présidence de séance : Stéphane Cermakian, maître de conférences en langue et civilisation arméniennes (Aix-Marseille Université, IREMAM).

– Najla Nakhlé-Cerruti (CNRS, IREMAM), « Ubu Roi d’Alfred Jarry par François Abou Salem : des formes théâtrales de l’exil intérieur dans Abū Ūbū fī sūq al-laḥḥāmīn (Abū Ūbū au marché des bouchers) ».
– Lusiné Abgarian, (Université d’Etat V. Brussov, LCM, Erevan), « D’un exil à l’autre : traduire l’expérience du rapatriement des Arméniens de 1946-1948 à travers le théâtre ».
– Raffaele Esposito, (Université de Naples “L’Orientale”, DAAM), “Born in translation. An author’s life in exile and the multilingual history of a Jewish play”.

MARDI 28 MARS 2023

9h15 – Accueil des participants

9h30 – 11h30 – 4. Exil dans la langue, passage et multilinguisme
Présidence de séance : Annamaria Bianco, A.T.E.R. en langue et littérature arabes (Université Toulouse 2, Jean Jaurès, Aix-Marseille Université, IREMAM).
 
– Eva Raynal (Institut National Universitaire Champollion, Albi), « Ma parole plus que les mots est sans patrie ! Le langage, refuge des exilé.e.s ? ».
– Léa Polverini (Université Toulouse 2, Jean Jaurès, Allph@, Aix-Marseille Université), « L’amour n’est-il qu’un concept européen ? Revendiquer la pensée sauvage chez Driss Chraïbi ».
– Mihaela-Gențiana Stănișor (Université « Lucian Blaga » de Sibiu, CSLLS), « Le malheureux poli. Cioran et les avantages de l’exil ».
– Stéphane Cermakian (Aix-Marseille Université, IREMAM), « Traduire l’intraduisible : l’exil au bord du silence ».

11h30 – 12h00  – Clôture des journées d’étude.

ARGUMENTAIRE

L’idée des journées d’étude “Exil et traduction : phénomènes parallèles et croisements” découle d’une prise de conscience de l’importance de la notion d’exil au sein de la production littéraire mondiale actuelle et des liens qu’elle entretient avec une notion apparentée, la traduction, souvent stimulée et influencée par l’urgence des enjeux géopolitiques. Cette centralité devient encore plus flagrante dans certaines zones du monde affectées par des phénomènes migratoires ou diasporiques, qui opèrent une transformation radicale des textes et des conditions de création et de circulation, aussi bien au sein des champs de production nationaux que dans une perspective transnationale.
 
Les manifestations scientifiques et publications se sont multipliées sur le thème de l’exil et sur l’activité de traduction, mais qu’en est-il du lien qui unit ces deux notions ? Ne peut-on voir dans l’exil une forme de passage, de transfert inhérent à la démarche de la traduction ? Et celle-ci n’est-elle pas déjà le constat d’un départ définitif d’un système de pensée et de représentation, en direction d’une nouvelle appréhension d’un monde dont l’auteur conserve l’écho ancien ?
 
Ainsi, les expériences d’exil et de traduction ont en commun cette notion, et si la métamorphose induite par la première exclut la possibilité d’une réversibilité pure et simple, la seconde propose aussi une transformation assumée et fructueuse. Les répercussions sont donc à examiner non seulement dans l’œuvre comme expression résultant de l’exil mais, inversement, dans l’exil comme l’expérience même d’un passage qui préfigure celui d’une langue à l’autre.
 
Il s’agira donc d’appréhender le phénomène tel qu’il se manifeste à l’époque moderne et contemporaine, où il a pris une ampleur dramatique et s’est considérablement accru en littérature. Les analyses se feront sans limitation de genre littéraire, en englobant différentes aires linguistiques et culturelles. Cette approche transnationale et transhistorique, si elle part initialement des aires couvertes par l’IREMAM (Moyen-Orient, Afrique du Nord et Asie centrale, avec leurs réseaux diasporiques), sera aussi ouverte aux contributions portant sur d’autres corpus induisant des modalités de représentation et d’expression différentes, que ce soit au sein des aires européenne, méditerranéenne, asiatique ou américaine. L’objectif sera de travailler dans une perspective comparatiste et interculturelle qui reflète la complexité de la littérature mondiale.
 
Il conviendra ainsi d’examiner la traduction comme reflet du passage et transfert de l’œuvre d’exil, mais aussi l’exil comme traduction en soi (dans le passage d’une culture à l’autre) ; enfin, la traduction pourra être perçue comme hospitalité, par l’accueil du récit d’exil.

Journée d’études «Traduire les récits d’objets »

Mardi 22 mars 2022 | 9h00 /17h00

Amphi MR 002 | Maison de la Recherche de l’Université Paris 8 

Organisée par le Laboratoire Arts des images et art contemporain (AIAC) de l’Université de Paris 8, en collaboration avec Maisons de la Sagesse-Traduire (MdS-Traduire)

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Agota Kristof ou l’écriture de la frontière. Compte rendu de : Sara De Balsi, Agota Kristof, écrivaine translingue, Presses Universitaires de Vincennes, 2019.

Dans un ouvrage érudit, dense et référencé, Sara De Balsi entend rendre compte du statut excentrique au sein de la francophonie translingue, d’Agota Kristof, écrivaine d’expression française d’origine hongroise, en montrant comment elle construit sa position déterritorialisée à travers des processus d’effacement et d’isolement qui renvoient, thématiquement, à la traversée de la frontière – nationale et linguistique.

Continuer la lecture de Agota Kristof ou l’écriture de la frontière. Compte rendu de : Sara De Balsi, Agota Kristof, écrivaine translingue, Presses Universitaires de Vincennes, 2019.

Parution : Sara de Balsi, Agota Kristof, écrivaine translingue

Sara de Balsi, Agota Kristof, écrivaine translingue, Presses Universitaires de Vincennes, 2019, coll. “Littérature hors-frontière”, 302 pages.

  • ISBN-10 : 2-37924-049-3
  • ISBN-13 : 978-2-37924-049-2
  • EAN-13 : 9782379240492

Présentation de l’éditeur :

Ce livre propose une lecture d’Agota Kristof à la lumière de sa situation d’écrivaine translingue.

Agota Kristof est une auteure pour laquelle le français est une langue apprise tardivement et par une démarche individuelle. L’ouvrage prend en compte l’ensemble de son œuvre, y compris ses poèmes hongrois, de publication récente, qui n’ont pas encore fait l’objet d’étude.

Le translinguisme, mode d’existence ainsi que thème constant de l’œuvre, constitue un accès privilégié aux textes. Il permet d’interroger les positionnements de l’auteure, les transformations de sa poétique, ses stratégies d’écriture, et de démontrer que l’expérience du changement de langue – de vie et d’écriture – a contribué de manière décisive à l’élaboration de la poétique de l’auteure.

Sara De Balsi est docteure en littérature française et comparée de l’université de Cergy-Pontoise. Son champ de recherche principal est la littérature translingue. Elle a publié une étude sur le théâtre d’Agota Kristof (Trois pièces d’Agota Kristof, Infolio, «Le Cippe», 2016, avec Rennie Yotova) et a codirigé l’ouvrage Le choix d’écrire en français. Études sur la francophonie translingue (Encrage, 2016, avec Cécilia Allard).

Sommaire

Avant-propos   
Introduction   

I. Comment devient-on Agota Kristof ?  

Un double écart. Kristof 
dans le champ littéraire français   
Une écrivaine « traduite »   
Élaboration d’une posture   

II. La langue et ses fictions  

La langue ennemie   
Un monolinguisme paradoxal   
Les voies de l’autotraduction   

III. Langues, genres et style  

Continuité des genres   
De l’imaginaire des langues 
à l’imaginaire des genres littéraires   
Poèmes et romans. Deux styles opposés ?  

IV. L’écrivaine isolée  

Isolement et paratopie   
Des scénographies déroutantes  
Une œuvre sans modèles ?   

V. Écrire la frontière 

Les représentations de la frontière   
Le franchissement de la frontière  
La frontière comme violence   

Conclusion   
Bibliographie   
Index  

Compte rendu du Colloque “Écriture du ‘Je’ dans la langue de l’Exil” (14 au 16 décembre 2018 )

Colloque international : “L’Écriture du ‘je’ dans la langue de l’exil,” tenu à Paris (ENS-Ulm) du 14.12 au 16.12.2018 et organisé par Isabelle Grell-Borgomano (« Genèses d’autofictions » ITEM/ENS/CNRS) et Jean-Michel Devésa (EA EHIC, Université de Limoges)

Ce riche colloque ayant compté plus de vingt-cinq interventions de chercheurs et d’écrivains concernés par la thématique de l’écriture du je dans la langue de l’exil, l’objectif n’est pas d’en proposer ici un compte rendu détaillé, d’autant qu’une publication des actes est prévue courant 2019 chez EME Éditions. Des communications dont la liste est reproduite ci-dessous (dans l’ordre chronologique), avec en gras les libres interventions d’écrivains, on tentera de dégager certains questionnements transversaux.

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Annonce : colloque international “L’écriture du ‘je’ dans la langue de l’exil”

Paris ENS-Ulm 14-16 décembre 2018

Colloque organisé par Isabelle Grell-Borgomano (« Genèses d’autofictions » ITEM/ENS/CNRS) et Jean-Michel Devésa (EA EHIC, Université de Limoges, France)

Ecole Normale Supérieure

45 rue d’Ulm, 75005 Paris

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Annonce : séminaire doctoral à l’INALCO “langue étrangère et étrangéisée”

PROGRAMME ANNUEL DU SEMINAIRE DOCTORAL PLIDAM 2018-2019

Langue étrangère et étrangéisée.
Comment aborder, traduire et enseigner les nouvelles littératures ?

(Responsable : Frosa Pejoska-Bouchereau)

INALCO- PLC- Salle 4.10 de 17h30 à 19h30

25.10.2018, Alain AUSONI, À ma gauche, Katalin Molnár ; à ma droite le «fransè ». L’écriture translingue comme sport de combat.

29.11.2018, Jordan PLEVNEŠ, L’écriture est l’art de la disparition.

20.12.2018, Nathalie KARAMANOUKIAN, L’écriture étrangéisée de Krikor Beledian.

17.01.2019, Damien EHRHARDT, Nouvelles approches des transferts culturels.

14.02.2019, Andrée GAYE, Traduire une langue européenne “rare”, le slovène.

14.03.2019, Sadia AGSOUS, La littérature palestinienne en hébreu : l’identité palestinienne à l’épreuve de la rencontre des langues arabes et hébraïque.

11.04.2019, Habib ABDURAB AL SORURI et Ali AL MUQRI). Dialogue entre deux romanciers yéménites: l’usage des langues française et arabe dans leurs œuvres (modérateur Malek AL-ZAUM).

17.05.2019, Houria ABDELOUAHED, Émigration des langues, émigration dans la langue.

13.06.2019, Christina ALEXOPOULOS, Accueillir la parole des sujets en exil : la narration comme traduction du monde.


Annonce : 1er décembre, séminaire plurilinguisme et créativité : l’écriture thérapeutique

Le séminaire de l’équipe de recherches  “Multilinguisme, traduction, création” de l’ITEM codirigé par Olga Anokhina et Patrick Hersant sera consacré à un atelier d’écriture plurilingue dans une perspective thérapeutique :

  • le vendredi 1er décembre de 14h30 à 16h30
  • salle 311, ITEM-CNRS site Pouchet (59-61 rue Pouchet 75017 Paris)
  • Sara GREAVES de l’Université d’Aix-Marseille
    présentera sa vision thérapeutique de l’écriture plurilingue :
    Le creative writing plurilingue en milieu médical
    (Dire l’exil)

Cette communication portera sur un atelier d’écriture plurilingue dans un Centre d’Action Médico-Sociale Précoce, le CAMSP Salvator à Marseille. Proposé aux parents plurilingues d’enfants consultant au CAMSP par le Docteur Jean-Luc Di Stefano et Sara Greaves, il sera présenté sous divers aspects : raison d’être, mise en œuvre, cadre théorique, effets thérapeutiques… Des exemples de productions écrites de ces ateliers seront ensuite étudiés sous l’angle d’une stylistique plurilingue.

La trame et les productions d’un atelier comparable, animé dans le cadre du colloque
« Étudier l’exil », organisé par Alexis Nuselovici (Nouss) et Alexandra Galitzine Loumpet
en mai 2015 à AMU et au MUCEM, peut être consultée ici :
http://nle.hypotheses.org/3711.

Cet atelier a réuni des personnes de situations sociales et d’origines diverses, qui ont toutes une histoire personnelle ou familiale qui relève de l’exil. Les pays d’origine sont, entre autres : l’Algérie, l’Egypte, les Comores, le Salvador, l’Iraq, la Syrie, le Liban, Israël, l’Uruguay… Les textes écrits dans le cadre de cet exil sont destinés, dans leur fond et leur forme plurilingue, à faire passer quelque chose de l’expérience subjective de l’exil.