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Maîtresse de conférences en langue et littérature françaises Université Sorbonne Nouvelle EA2288 DILTEC - Didactique des langues, des textes et des cultures CV HAL : https://cv.archives-ouvertes.fr/anne-godard

Appel n°2 revue Plurilinguisme littéraire

Revue internationale et interdisciplinaire

Appel à contributions : Écritures de soi plurilingues et intertextualité

Dossier thématique dirigé par Louise Sampagnay (CEGIL, Université Sorbonne Nouvelle) et Dirk Weissmann (CREG, Université Toulouse Jean-Jaurès/ITEM)

Écritures de soi plurilingues et intertextualité

Multilingual Self-Writing and Intertextuality

Mehrsprachigkeit und Intertextualität im autobiographischen Schreiben

Scritture autobiografiche plurilingui e intertestualità

Escrituras plurilingües del yo e intertextualidad

Escritas de si plurilingues e intertextualidade

Date limite d’envoi des propositions : 30 septembre 2026

Langues acceptées : français, anglais, allemand, espagnol, italien, portugais

Contacts : dirk.weissmann@univ-tlse2.fr ; louise.sampagnay@sorbonne-nouvelle.fr

Présentation de la revue

La revue internationale et interdisciplinaire Plurilinguisme littéraire est une revue annuelle en libre accès, publiée en format numérique. Elle est consacrée à l’étude des pratiques d’écriture, de création et de circulation des œuvres littéraires produites par des écrivains plurilingues, ainsi qu’aux cadres théoriques, critiques et méthodologiques permettant de les analyser.

Elle accueille des contributions relevant des études littéraires, de la linguistique, de la traductologie, de la critique génétique, de la sociolinguistique, de la psycholinguistique, des sciences cognitives ou encore de la didactique des langues et des littératures, dès lors qu’elles interrogent la créativité littéraire en situation de pluralité langagière.

La revue publie des articles en six langues : français, anglais, allemand, espagnol, italien et portugais. Les articles soumis font l’objet d’une évaluation en double aveugle. La publication en ligne est gratuite et en accès libre sur la plateforme de l’éditeur.

Argumentaire

Le dossier thématique du n° 2 de la revue, « Écritures de soi plurilingues et intertextualité », dirigé par Louise Sampagnay et Dirk Weissmann, examinera les fonctions, modalités et limites de l’intertextualité dans les récits de soi plurilingues : autobiographies, memoirs, autofictions, essais autoréflexifs et autothéoriques, récits d’apprentissage, de filiation, d’exil et de migration.

Hypothèse centrale

Dans les écritures de soi plurilingues, l’intertextualité ne correspond ni à un réseau de références érudites, ni à un ornement visant à littérariser le texte : elle fonctionne plutôt comme un opérateur de subjectivation, de légitimation, d’affiliation et parfois de désaffiliation. Le rapport à soi se construit autant dans la relation à d’autres traditions de lecture et modèles d’écriture que dans le récit d’une trajectoire individuelle entre les langues.

Dans le prolongement des travaux sur la représentation littéraire du sujet plurilingue (Kramsch 2004 ; Ausoni 2018 ; Grell-Borgomano et Devésa 2019), ce dossier propose d’élargir le cadre théorique des language memoirs (Kaplan 1994 ; Kramsch 2009 ; Kellman 2019) vers une acception plus ouverte des écritures de soi plurilingues, attentive aux formes, aux relations intertextuelles et aux pratiques traductives.

Corpus

Les récits étudiés pourront :

– être écrits dans une langue acquise tardivement, adoptée délibérément, héritée, imposée, perdue puis retrouvée, ou élue comme seule langue littéraire ;

– mettre en scène plusieurs langues sans nécessairement les inscrire toutes dans le tissu textuel sous la forme d’un code-switching écrit et littérarisé ;

– réfléchir aux conditions d’acquisition, de perte, de transmission ou de traduction des langues et des textes d’autres auteurs et autrices ;

– construire une généalogie littéraire à travers un régime de lectures, de citations, de traductions ou de scènes de médiation entre plusieurs traditions linguistiques ;

– interroger les rapports de domination entre langues majoritaires ou minorées, coloniales ou postcoloniales, scolaires, familiales, migrantes ou diasporiques.

Les corpus pourront aller des language memoirs explicitement centrés sur l’apprentissage linguistique (French Lessons d’Alice Kaplan, In altre parole de Jhumpa Lahiri, Lost in Translation d’Eva Hoffman, Une langue venue d’ailleurs d’Akira Mizubayashi) à des formes plus hybrides (Mutterzunge d’Emine Sevgi Özdamar, Le Testament français d’Andreï Makine, Nord perdu de Nancy Huston), y compris des textes où l’expérience plurilingue travaille la voix narrative, la mémoire culturelle ou des modèles eux-mêmes plurilingues de légitimation littéraire.

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Colloque LÉEL d’Angers 24-26 juin 2026 : programme et inscription

C’est avec joie que nous annonçons la tenue, les 24 25 26 juin, du colloque Lire et écrire entre les langues : En bref ! à l’université d’Angers.

Porté par le laboratoire CIRPaLL, ce colloque s’inscrit dans la dynamique du réseau interuniversitaire LÉEL (Lire et écrire entre les langues), qui rassemble chercheur.euses, enseignant.e.s, artistes, traducteur.ices et animateur.ices d’ateliers d’écriture autour de deux axes majeurs : le plurilinguisme dans l’écriture littéraire et sa réception et les pratiques plurilingues créatives en contexte pédagogique.

(Pour en savoir plus sur le réseau : https://ecriplur.hypotheses.org/leel-2022).

Après deux premières rencontres organisées à Paris (Inalco) et Aix-en-Provence (Aix-Marseille Université), cette nouvelle édition met à l’honneur une thématique emblématique du CIRPaLL : les formes brèves. Les participant.e.s ont été invité.e.s à explorer la création littéraire plurilingue « au prisme du bref », sous ses formes traditionnelles et plus contemporaines.

Le programme réunit près d’une cinquantaine de conférences, communications scientifiques, tables rondes, posters et retours d’expérience. Il accorde également une place importante aux échanges entre recherche et création à travers une quinzaine d’ateliers d’écriture plurilingue, un escape game, ainsi qu’un concert et un spectacle-performance.

Parmi les temps forts figurent les conférences plénières :

Mercredi 24 juin – 13h30-14h30 (conférence dialoguée)

–       Raphaël Baroni (Université de Lausanne) Contempler avec attention l’expérience exolingue d’un migrant à l’échelle d’une planche de bande-dessinée  

–       & Erika Fülöp (Université de Toulouse) Passages. Une conformance non-conforme indisciplinaire 

Jeudi 25 juin – 9h-10h

–       Virginie Douglas (Université Le Havre Normandie) : Jouer avec la traduction et la pluralité des langues dans le livre pour enfants, ou comment contrer la suprématie de l’anglais 

Vendredi 26 juin – 9h30-10h10

–       Luce Pintore (conservatrice du patrimoine aux musées d’Angers, et commissaire du concours international de Mini textiles) : Un condensé de création contemporaine : le concours des mini-textiles

Le colloque accueillera également des performances musicales : conférence chantée de Denis Péan, chanteur du groupe Lo’Jo, poétiquement intitulée « Le chant tisse la robe des songes » et concert du duo franco-américain West Folks (Michael Federspiel et Shannon Ames), « California tripping ». 

L’autrice jeunesse Elsa Valentin (Bou et les 3 zours, Chaprouchka, Poèmes sucrés de mon enfance…), marraine de la chaire du Pôle universitaire ligérien sur l’enfance et la jeunesse Raconter des histoires pour grandir ensemble animera deux ateliers d’écriture plurilingue : « Atelier Déplilala » et « Un goût de Haïku ». 

Le programme du colloque comprend aussi un atelier de création entre les langues réalisé par la documentariste et chercheuse Ilhem Belarbi, et un Escape game sur le thème du plurilinguisme littéraire conçu par Valentina Semeghini (association Afalac). Le colloque se clôturera par une « Criée multilingue » de la compagnie Les Griottes voyageuses, inspirée des échanges du colloques. 

Une attention particulière sera portée à la littérature jeunesse lors de la journée du jeudi 25 juin, avec des rencontres, lectures plurilingues et tables rondes consacrées aux enjeux de la traduction et de la diversité linguistique auprès du jeune public, et animées par la titulaire de la chaire du Pôle universitaire ligérien sur l’enfance et la jeunesse Raconter des histoires pour grandir ensemble, Isabelle Audras (Le Mans Université).

Soutenu par plusieurs partenaires universitaires et institutionnels, le colloque propose de faire dialoguer recherche, création, enseignement et médiation culturelle autour des langues et de leurs circulations. Plusieurs événements seront également ouverts aux étudiants et aux personnels de l’Université d’Angers.

Informations pratiques : du 24 au 26 juin 2026, Université d’Angers, Maison de la recherche Germaine Tillon, 5, bis Bd Lavoisier, Angers 

Lien vers l’argumentaire détaillé : https://ecrire.sciencesconf.org/?lang=fr

Lien vers le programme : https://ecrire.sciencesconf.org/resource/page/id/15

Lien vers le formulaire d’inscription : https://ecrire.sciencesconf.org/resource/page/id/28 (jusqu’au 16 juin 2026)

Contacts : Nadja Maillard-De La Corte Gomez (Enseignante chercheuse, Département lettres et sciences du langage, CIRPaLL) :  nadja.maillard@univ-angers.fr et ecrireentreleslangues@sciencesconf.org

Delphine Pasquier Beaujean (gestionnaire CIRPaLL) :  delphine.pasquierbeaujean@univ-angers.fr

Inscription obligatoire (et gratuite) pour suivre les conférences plénières et une partie des sessions en ligne – un lien vous sera envoyé la veille du colloque.

Copyright illustration : @Maria-José Fernandez

Appel à com : Apprendre une langue, devenir autre ? Mises en récit et en scène de l’altérité dans la fiction et les expériences vécues – janvier 2027 Grenoble

Colloque international 28-29 janvier 2027, Université Grenoble Alpes

Les propositions de communications d’environ 500 mots, accompagnées d’une bio-bibliographie, seront à déposer :

Colloque organisé par Clémence Jaime (Litt&Arts) et Catherine Muller (LIDILEM)

Dans le roman Leçons de grec (trad. fr. 2017), de Han Kang, la protagoniste coréenne fait le choix d’apprendre le grec ancien. Elle cherche ainsi à « retrouver le langage par sa propre volonté. […] S’il y avait eu des cours de birman ou de sanscrit, deux langues qui ont recours à des systèmes scripturaux qui lui sont encore plus étrangers, elle les aurait choisis sans hésiter » (p. 22). Au contraire, dans nombre de récits d’apprentissage linguistique, surtout en contexte d’exil, la langue apprise est liée à une violence et une dépossession plutôt qu’à un retour vers ce qui serait une harmonie originelle. 

L’apprentissage des langues peut s’inscrire dans des rapports de pouvoir, de domination ou de résistance, où la rencontre avec l’altérité linguistique engage des enjeux politiques, identitaires et historiques. Il mobilise également le corps, la voix, la posture et les affects, participant à une forme d’incorporation de l’altérité. Enfin, il peut être envisagé non comme l’acquisition d’une langue isolée, mais comme une reconfiguration du répertoire plurilingue du sujet, impliquant des circulations, des tensions ou des recompositions entre les langues (Castellotti, 2017).

La mise en récit, et en scène, de l’apprentissage d’une langue, dans les œuvres littéraires comme dans les récits d’expérience didactique, s’inscrit dans une perspective biographique attentive à la construction du sujet plurilingue (Molinié, dir., 2006). Elle s’accompagne fréquemment de discours sur le degré d’altérité (Dabène, 1994 ; Galligani, 2019) perçu ou construit de la langue, ainsi que de supposés effets de ce processus sur le sujet qui apprend, qui pourrait devenir « comme un autre » (Ricoeur, 1990). Elle peut également se manifester à travers des procédés textuels tels que l’insertion de segments en langue étrangère, la traduction ou au contraire le maintien d’une forme d’opacité linguistique, invitant le lecteur à faire lui-même l’expérience de l’altérité, ainsi que par des choix d’écriture qui rendent sensible l’altérité linguistique (Cros & Godard, dir., 2022 ; Woerly, 2024).

Ce colloque international propose d’explorer la manière dont l’apprentissage des langues, présenté comme une expérience d’altérité et de transformation de soi, est mis en récit, en scène et en discours. Dans une approche interdisciplinaire croisant sciences du langage, didactique et études littéraires, il vise à interroger les représentations de cette expérience, qu’elle apparaisse comme vecteur d’harmonie ou d’hospitalité linguistique (Cassin, 2012) ou qu’elle inscrive le locuteur dans des rapports de force et de domination symboliques et politiques. Le regard porté sur ces questions, à travers des corpus relevant de la fiction, des arts ou des récits d’expériences vécues, permettra de mettre au jour des processus de subjectivation ainsi que des représentations contrastées (Moore, dir., 2001). Dans cette perspective, les imaginaires associés aux langues peuvent également se donner à voir à travers des dispositifs visuels, qui constituent d’autres formes de mise en scène de l’expérience d’apprentissage, donnant accès à la manière dont celle-ci est vécue, perçue et mise en forme par les sujets eux-mêmes, notamment dans des approches récentes mobilisant des méthodes graphiques et réflexives (Kalaja & Melo-Pfeifer, dir., 2024).

Ces tensions entre altérité, transformation et rapports de pouvoir se manifestent dans des contextes variés. Nabil Wakim a ainsi récemment souligné combien la langue arabe est taboue en France (2020), tandis qu’Émilie Picherot a mis en exergue, à partir de l’étude d’humanistes européens du XVIe siècle, les pouvoirs d’« altération » associés à cette langue (Picherot, 2023). À l’inverse, Akira Mizubayashi, dans Une langue venue d’ailleurs (2010), raconte ses efforts pour incorporer le français, dont la culture et la musicalité sont sources de désir, mettant en jeu des dynamiques d’attraction, de projection et d’identification à la langue. Altération, devenir autre, subjectivation, transformation de soi ou encore incorporation de la langue étrangère constituent autant de notions que ce colloque se propose d’explorer.

Il s’agira alors d’examiner comment les expériences d’appropriation linguistique, en tant qu’expériences de transformation et de rencontre avec l’altérité, sont données à voir dans différents types de productions (littérature, cinéma, théâtre, récits autobiographiques, biographies langagières, entretiens avec des apprenants, dessins réflexifs…). Que nous disent ces représentations des imaginaires linguistiques, des rapports aux langues et des processus de subjectivation ? Plusieurs axes, non exhaustifs, sont envisagés pour explorer ces questions. 

Axe 1. Distance et proximité : éprouver l’altérité

  • Perception de la distance linguistique et culturelle
  • Familiarité / étrangeté / « xénité »
  • Insertion de segments plurilingues et effets d’étrangeté 

Axe 2. Désir et crainte de transformation

  • Devenir autre / rester soi
  • Transformations souhaitées ou redoutées
  • Tensions au sein de l’identité liées à l’apprentissage

Axe 3. Expériences sensibles et incarnées de l’altérité linguistique

  • Dimensions corporelles de l’expérience linguistique (voix, prononciation, posture, gestualité)
  • Affects, émotions et rapports sensibles aux langues
  • Place et rôle des expériences esthétiques et artistiques dans les récits d’apprentissage

Axe 4. Langues, altérité et rapports de pouvoir

  • Représentations idéologiques des langues
  • Hiérarchies linguistiques et imaginaires sociaux
  • Tensions entre appropriation, résistance et formes de domination

Modalités de soumission

Les propositions de communications d’environ 500 mots, accompagnées d’une bio-bibliographie, seront à déposer sur le site SciencesConf du colloque https://alteriteal.sciencesconf.org/, avant le 15 juin 2026.

Le colloque aura lieu les 28-29 janvier sur le campus de l’Université Grenoble Alpes.

Une publication des travaux est prévue à l’issue du colloque. 

Références bibliographiques

  • Cassin, B. (2012). Plus d’une langue. Bayard.
  • Castellotti, V. (2017). Pour une didactique de l’appropriation. Diversité, compréhension, relation. Didier.
  • Cros, I. & Godard, A. (dir.). (2022). Écrire entre les langues. Littérature, traduction, enseignement. Éditions des archives contemporaines.
  • Dabène, L. (1994). Repères sociolinguistiques pour l’enseignement des langues. Hachette.
  • Galligani, S. (2019). Les notions de distance vs. proximité symbolique dans une démarche biographique : illustration avec des récits narratifs de futurs enseignants de FLE. Colloque Didactique des langues et plurilinguisme. 30 ans de recherche, 14 novembre 2019. Université Grenoble Alpes. 
  • Kang, H. (trad. fr. 2017). Leçons de grec. Le serpent à plumes.
  • Kalaja, P. & Melo-Pfeifer, S. (2024). Visualising Language Students and Teachers as Multilinguals: Advancing Social Justice in Education. Multilingual Matters. 
  • Molinié, M. (dir.). (2006). Biographies langagières et apprentissage plurilingue. Le français dans le monde – Recherches et applications, n° 39.
  • Mizubayashi, A. (2010). Une langue venue d’ailleurs. Gallimard.
  • Moore, D. (dir.). 2001. Les représentations des langues et de leur apprentissage. Références, modèles, données et méthodes. Didier.
  • Picherot, E. (2023). La Langue arabe dans l’Europe humaniste, 1500-1550. Classiques Garnier.
  • Ricœur, P. (1990). Soi-même comme un autre. Éditions du Seuil.
  • Wakim, N. (2020). L’arabe pour tous. Pourquoi ma langue est taboue en France. Éditions du Seuil.
  • Woerly, D. (2024). Le continuum hétérolingue dans les bandes dessinées de la migration : de l’effet de réel à l’expérience plurilingue. Language Education and Multilingualism – The Langscape Journal, 7, 14‑29.

Organisatrices du colloque 

  • Clémence Jaime (ATER, Université Grenoble Alpes, Litt&Arts)
  • Catherine Muller (MCF HDR, Université Grenoble Alpes, LIDILEM)

Conférencières invitées

  • Stéphanie Galligani, Université Grenoble Alpes, LIDILEM
  • Anne Godard, Université Sorbonne Nouvelle, DILTEC

Comité scientifique 

  • Maria Helena Araújo e Sá, Université d’Aveiro, Portugal
  • Sara de Balsi, Cergy Université, France
  • Ariane Bayle, Université Jean Moulin Lyon 3, France
  • Béatrice Blin, Universidad Nacional Autónoma de México, UNAM, Mexique
  • Lucile Cadet, Cergy Université, France 
  • Véronique Castellotti, Université de Tours, France
  • Catherine David, Aix-Marseille Université, France
  • Fryni Doa, Université de Chypre, Chypre
  • Rosa Maria Faneca, Université d’Aveiro, Portugal
  • Catherine Felce, Université Grenoble Alpes, France
  • Pauline Franchini, Université Jean Moulin Lyon 3, France
  • Elżbieta Gajewska, UKEN, Pologne
  • Stéphanie Galligani, Université Grenoble Alpes, France
  • Anne Godard, Université Sorbonne Nouvelle, France
  • Sanae Harada, Université Sophia, Japon
  • Linda Koiran, Mines Paris, PSL, France
  • Diana Lee-Simon, Université Grenoble Alpes, France
  • Véronique Lemoine-Bresson, Université de Lorraine, France
  • Dora Loizidou, Université de Chypre, Chypre
  • Dominique Macaire, Université de Lorraine, France
  • Sílvia Melo-Pfeifer, Universität Hamburg, Allemagne
  • Mona Mohsen, Université Ain Shams, Egypte
  • Muriel Molinié, Université Sorbonne Nouvelle, France
  • Danièle Moore, Simon Fraser University, Canada
  • Małgorzata Niziołek, UKEN, Pologne
  • Émilie Picherot, Université de Lille, France
  • Alexis Pignol, Université Grenoble Alpes, France
  • Anthippi Potolia, Université Paris 8, France
  • Josilene Pinheiro-Mariz, Université Fédérale de Campina Grande, Brésil
  • Julia Putsche, Université de Strasbourg, France
  • Agathe Salha, Université Grenoble Alpes, France
  • Érica Sarsur, Universidade de São Paulo, Brésil
  • Maria Victoria Soule, Université de Chypre, Chypre 
  • Dimitra Tzatzou, Université de Rouen, France
  • Monica Vlad, Université de Constanta, Roumanie 
  • Camille Vorger, Université de Lausanne, Suisse
  • Donatienne Woerly, Université Sorbonne Nouvelle, France
  • Safa Zouaidi, Université de Gabès, Tunisie

APPEL REVUE PLURILINGUISME LITTÉRAIRE – PREMIER NUMÉRO

Revue internationale et interdisciplinaire

Appel à contributions du premier numéro : « La recherche sur le(s) plurilinguisme(s) littéraire(s) : état des lieux et perspectives »

Voir l’intégralité de l’appel en six langues ici : https://www.item.ens.fr/appel-a-communications-la-recherche-sur-les-plurilinguismes-litteraires-etat-des-lieux-et-perspectives-1er-numero-de-la-nouvelle-revue-plurilinguisme-litteraire

Comité de rédaction :

Olga Anokhina — Chargée de recherche, ITEM (CNRS / ENS)

Valentina Chepiga — Chercheure associée, ITEM (CNRS / ENS)

Anne Godard — Maîtresse de conférences, Département de français langue étrangère, Université Sorbonne Nouvelle (Paris 3)

Anne-Laure Rigeade — Maîtresse de conférences, Département de français langue étrangère, Université Paris-Est Créteil (UPEC)

Dirk Weissmann — Professeur des universités, Section d’études germaniques, Université Toulouse-Jean Jaurès

Comité scientifique international : 

* Alain Ausoni (Université de Lausanne)

* Franca Bruera (Università di Torino)

* Xosé Manuel Dasilva Fernández (Universidade de Vigo)

* Marianna Deganutti (Slovak Academy of Sciences)

* Vladimir Feshchenko (Russian Academy of Sciences)

* David Gramling (University of British Columbia)

* Delphine Grass (University of Lancaster)

* Rainier Grutman (University of Ottawa)

* Anne Marie Kleveland (Norwegian University of Science and Technology)

* Elizabete Manterola (Euskal Herriko Unibertsitatea / University of the Basque Country)

* Barbara Siller (University College Cork)

* Ilan Stavans (Amherst College)

Présentation de la revue

La Revue internationale et interdisciplinaire Plurilinguisme littéraire lance son premier numéro. Revue annuelle en libre accès, publiée en format numérique, elle est consacrée à l’étude des pratiques d’écriture, de création et de circulation des œuvres littéraires impliquant plusieurs langues, ainsi qu’aux cadres théoriques, méthodologiques et critiques permettant de les analyser.

Longtemps considéré comme marginal, le plurilinguisme littéraire constitue pourtant une réalité largement partagée, tant sur le plan social que dans l’histoire littéraire. De nombreux auteurs canoniques des littératures dites « nationales » — de Dante à Goethe, de Pouchkine à Tolstoï, de Rilke à Valéry, de Pessoa à Guimarães Rosa — étaient bilingues ou plurilingues, et leurs œuvres sont traversées par des dynamiques linguistiques complexes, souvent invisibilisées par des cadres critiques monolingues hérités et/ou par des logiques éditoriales.

Le projet de la revue est né des travaux menés depuis plus de deux décennies, individuellement et collectivement, dans le champ du plurilinguisme littéraire. Si ce champ a connu un développement particulièrement dynamique, attesté par un nombre croissant de publications et de manifestations scientifiques, la diffusion des recherches s’est jusqu’à présent opérée principalement à travers des ouvrages collectifs ou des numéros thématiques de revues généralistes. Dans l’espace scientifique européen, il n’existe pas encore de revue spécifiquement dédiée à ce domaine interdisciplinaire, alors même qu’il constitue aujourd’hui un axe majeur de renouvellement des études littéraires.

La création de la revue Plurilinguisme littéraire répond ainsi à la nécessité de disposer d’un espace de publication régulier et identifiable, susceptible de fédérer la communauté scientifique travaillant sur ces questions et d’inscrire les débats dans la durée. Elle vise également à rendre plus lisible un champ marqué par une forte hétérogénéité conceptuelle et terminologique, où coexistent des notions telles que bilinguisme, plurilinguisme, multilinguisme, hétérolinguisme, translinguisme, translanguaging, code-switching ou mixtilinguisme. Sans imposer de cadre théorique unique, la revue entend offrir un lieu privilégié de discussion critique, comparative et plurilingue sur ces catégories, en accordant une attention particulière à la terminologie dans les différentes langues.

La ligne éditoriale de la revue repose sur une approche résolument interdisciplinaire. Plurilinguisme littéraire accueille des contributions relevant des études littéraires, de la linguistique, de la traductologie, de la critique génétique, de la sociolinguistique, de la (neuro)psycholinguistique, des sciences cognitives ou encore de la didactique des langues et des littératures, dès lors qu’elles interrogent la créativité littéraire en situation de pluralité linguistique. La revue s’intéresse à l’ensemble des manifestations du plurilinguisme : alternance codique, autotraduction, écriture simultanée en plusieurs langues, collaboration avec des traducteurs allophones, mais aussi plurilinguisme latent ou dissimulé, lorsque des œuvres apparemment monolingues résultent d’interactions complexes entre plusieurs langues, perceptibles notamment à travers l’étude des brouillons et des archives.

Enfin, la revue se distingue par un engagement fort en faveur de la diversité linguistique scientifique. La pluralité linguistique constitue non seulement son objet de recherche, mais aussi un principe éditorial pleinement assumé. Plurilinguisme littéraire publie des articles en six langues (français, anglais, allemand, espagnol, italien et portugais), reflétant à la fois la diversité linguistique des œuvres étudiées et celle des chercheuses et chercheurs qui les analysent. Ce choix s’inscrit dans une conception de la science ouverte, inclusive et accessible, attentive à la circulation des savoirs dans différents espaces linguistiques et en résonance avec les appels récents à préserver et valoriser le plurilinguisme dans la recherche.

Appel à contributions du premier numéro :

« La recherche sur le(s) plurilinguisme(s) littéraire(s) : état des lieux et perspectives »

Ce premier numéro, qui marque le lancement de la revue, a pour objectif de dresser un état des lieux des recherches menées jusqu’à aujourd’hui sur le(s) plurilinguisme(s) littéraire(s) et d’explorer les perspectives théoriques, méthodologiques, poétiques et politiques ouvertes par l’étude d’œuvres et de corpus plurilingues.

Dans un contexte marqué par la mondialisation, l’intensification des circulations culturelles, les migrations et la remise en question des paradigmes monolingues de la littérature, ce numéro entend rassembler des travaux issus de différentes disciplines et portant sur des corpus patrimoniaux ou contemporains, européens ou extra-européens. Sans prétendre à l’exhaustivité, il ambitionne de réunir des contributions significatives permettant de rendre compte de l’étendue, de la diversité et de la profondeur du champ de recherche dans ce domaine.

Ce numéro accueillera de manière privilégiée des articles à dominante théorique, historique ou métacritique, susceptibles d’interroger les cadres conceptuels existants, d’en proposer une cartographie critique ou d’en analyser les évolutions. Ce qui est en jeu, à travers l’étude du plurilinguisme littéraire, c’est à la fois le renouvellement des corpus, des méthodes et des outils théoriques, mais aussi une reconfiguration plus large des approches de la littérature, envisagée à partir de ses dynamiques linguistiques, culturelles et transnationales.

Ce premier numéro de la revue Plurilinguisme littéraire, qui ouvre une nouvelle voie à la diffusion des recherches sur l’écriture entre les langues, a pour objectif de proposer le bilan des travaux et des approches qui ont pu être développés en Europe et ailleurs.

Conformément à la ligne éditoriale de la revue, les contributions pourront relever de différentes disciplines (études littéraires, linguistique, traductologie, critique génétique, didactique des langues, etc.) et porter sur des corpus variés, sans restriction de période ou d’aire culturelle.

Axes de réflexion

Les propositions pourront s’inscrire dans un ou plusieurs des axes suivants, sans caractère exclusif :

1) Cartographies et traditions critiques du plurilinguisme littéraire

  • – États des lieux historiographiques et disciplinaires du champ.
  • – Le plurilinguisme littéraire dans les traditions critiques nationales ou linguistiques.
  • – Dialogues, transferts, convergences et écarts entre traditions critiques (francophone, germanophone, anglophone, italophone, etc.).

2) Pratiques d’écriture et formes du plurilinguisme

  • – Approches et outils mobilisés pour analyser les pratiques d’écriture plurilingues.
  • – Apports de la traductologie, de la critique génétique, de la linguistique ou des sciences cognitives.
  • – Typologies et poétiques du plurilinguisme littéraire.

3) Corpus, lecture et réception

  • – Repenser les corpus et les catégories littéraires à partir des œuvres plurilingues.
  • – Évolutions diachroniques des pratiques plurilingues et de leur réception.
  • – Théories de la lecture plurilingue : compréhension partielle, opacité, non-traduction, dispositifs éditoriaux.

4) Enjeux sociaux, institutionnels et politiques

  • – Hiérarchies linguistiques, (in)visibilisation et glottophobie dans le champ littéraire.
  • – Rôle des institutions, des prix et des politiques éditoriales dans l’effacement ou la valorisation du plurilinguisme littéraire.
  • – Articulations entre plurilinguisme littéraire, mondialisation, migrations et héritages coloniaux.

Modalités de soumission

Les propositions d’articles (environ 500 mots), accompagnées d’une bibliographie indicative sont à envoyer avant le 30 mars 2026 à l’adresse suivante : plurilinguisme.litteraire@gmail.com avec copie à olga.anokhina@ens.fr.

Les articles pourront être rédigés dans l’une des six langues de publication de la revue (français, anglais, allemand, espagnol, italien, portugais).

Les textes des articles acceptés devront comporter :

  • – le texte de l’article (35 000 signes maximum).
  • – des résumés en trois langues,
  • – cinq mots-clés en trois langues,
  • – une notice bio-bibliographique (d’environ 150 mots).

Calendrier prévisionnel

  • – Publication de l’appel : 28 janvier 2026
  • – Date limite d’envoi des propositions : 30 mars 2026
  • – Réponse du comité de rédaction : 15 avril 2026
  • – Remise des articles complets : 20 juin 2026
  • – Évaluation par les experts : 30 septembre 2026
  • – Retour aux auteurs : 15 octobre 2026
  • – Remise des textes définitifs : 30 novembre 2026
  • – Publication du numéro : décembre 2026-janvier 2027

Appel à contribution : journées d’étude sur la littérature en L2

Journées d’étude UNIL – HEP Vaud 

Nos collègues de Lausanne vous invitent à contribuer à deux journées d’études sur l’enseignement de la littérature en L2, notamment en Suisse, autour de questions de corpus, d’adaptation, d’objectifs et de multimodalité.

Le texte littéraire dans tous ses états : quels enjeux pour l’enseignement en L2? 

Mardi 28 avril 2026 – HEP Vaud (Lausanne, salle C33-720) 

Mercredi 29 avril 2026 – Université de Lausanne (Salle Amphipôle – 340.1) 

La place de la littérature dans l’enseignement-apprentissage des langues étrangères et secondes (modernes et anciennes), dorénavant L2, demeure une question vive et souvent débattue. Tour à tour sacralisé par les approches traditionnelles, marginalisé par la méthode structuro-globale-audio-visuelle puis relégué au second plan dans les premières années de l’approche communicative (Albert & Souchon, 2000), le texte littéraire a été réhabilité par des approches plus récentes pour des raisons diverses. 

La littérature peut être envisagée à la fois comme vecteur d’appropriation langagière, d’accès à d’autres cultures et de construction du sujet lecteur. Pour certain·es, la littérature reste un pilier incontournable de la Bildung, c’est-à-dire la formation scolaire visant à comprendre la culture (Pieper, 2007). Pour d’autres, il constitue un levier d’engagement et de motivation dans l’apprentissage d’une langue seconde/étrangère, par exemple en servant de tremplin vers l’écriture créative et l’expression de soi (Godard, 2015, Bemporad & Jeanneret 2018). 

Le rôle de la littérature dans l’enseignement des langues secondes/étrangères fait l’objet de discussions à l’école secondaire comme dans l’enseignement supérieur. Quels textes faire lire ? Dans quel format ? Comment les lire ? Comment les exploiter en cours ? Dans quel but ? 

Ces deux journées d’étude proposent d’ouvrir la réflexion sur ces enjeux en croisant les regards de la recherche et de la pratique enseignante. Elles réuniront des chercheur·euses en didactique des langues et de la littérature, des enseignant·es à l’école secondaire, ainsi que des étudiant·es des hautes écoles. Les échanges porteront sur l’enseignement de la littérature en L2 en contexte suisse (allemand, anglais, espagnol, français, grec ancien, italien, latin), tout en accueillant des contributions en L1 afin de nourrir la réflexion de manière comparative et intégrée. Nous proposons de structurer le questionnement en quatre axes :

Axe 1 – Corpus et choix de textes 

Cet axe invite à réfléchir aux critères qui orientent le choix d’un texte littéraire dans l’enseignement des langues secondes et étrangères. On s’interrogera également sur le rôle de la littérature dans l’apprentissage d’une L2 et, de manière plus générale, à ce qui constitue un texte littéraire.  

  • Quels critères d’apprentissage justifient la sélection d’une oeuvre ou d’un extrait ?
  • Ces choix répondent-ils à des logiques institutionnelles, à des traditions disciplinaires, à des attentes sociales, ou bien à des projets pédagogiques plus situés ? 
  • Quels sont les critères pour choisir un corpus ? L’âge, le niveau de langue, le parcours scolaire des apprenant·es, etc. ? 
  • Faut-il privilégier les textes patrimoniaux, considérés comme des piliers incontournables de la culture cible, ou au contraire ouvrir davantage la place aux textes contemporains et à des genres habituellement moins valorisés (comme la science-fiction ou le roman policier). 
  • Comment articuler la dimension esthétique des textes avec des objectifs langagiers ou culturels ? 

Axe 2 – Traduction et adaptation 

Outre les textes « originaux », des traductions ou des adaptations sont parfois introduites dans les cours de langue. La traduction, souvent dépréciée à la suite de l’abandon des méthodes dites traditionnelles, s’est vue revalorisée grâce à des approches plurielles, par le Volume complémentaire du Cadre européen des langues notamment, qui en ont fait un outil de médiation et un levier d’ouverture à la diversité linguistique (voir Volume complémentaire du CECR, Conseil de l’Europe 2018). Ce nouveau regard nous permet de considérer la traduction différemment et d’interroger sa pertinence dans le cadre de l’enseignement de la littérature L2. De même, les livres gradués semblent parfois représenter la seule option pour faire découvrir des textes littéraires à des apprenant·es de niveau élémentaire. 

  • Quelle place la traduction occupe-t-elle dans l’enseignement de la littérature L2 ? 
  • Quels en sont les bénéfices dans l’apprentissage d’une langue ? 
  • Les textes traduits sont-ils légitimes d’un point de vue scolaire ? 
  • Quelles sont les différentes adaptations interlinguistiques, intralinguistiques ou intermédiatique (théâtre, cinéma, musique) que l’on peut exploiter dans l’enseignement ? 
  • Les textes adaptés peuvent-ils être considérés comme des textes littéraires et quelle place peuvent occuper les textes adaptés dans l’enseignement des langues ? 
  • Quelle place accorder aux livres bilingues ? ou aux productions plurilingues ?

Axe 3 – Modalité de travail et objectifs d’apprentissage

Dans cet axe, il s’agit d’interroger les modalités de travail sur les textes littéraires dans différents contextes. En effet, si dans certains contextes l’analyse littéraire orientée vers la méthode de l’explication de texte constitue un objectif d’enseignement-apprentissage incontournable, d’autres contextes privilégient des approches de la lecture littéraire plus orientées vers la participation et la subjectivité du lecteur. Cet axe vise à entrer dans le cœur des démarches et dispositifs dans les classes, et vise à discuter les questions suivantes :  

  • Quelles sont les pratiques actuelles des enseignant·es de langue vis-à-vis des textes littéraires dans différents contextes et pour les différentes langues enseignées à l’école ?
  • Quels sont les objectifs, les activités proposées et les types d’évaluations privilégiés par les enseignant·es de langue ?  
  • Quels liens entretiennent les pratiques d’enseignement du texte littéraire avec les nouvelles approches en didactique de la littérature privilégiant la subjectivité du lecteur et la lecture au premier degré ? 
  • Quels liens entretiennent les pratiques d’enseignement du texte littéraire avec les nouvelles approches en didactique des langues telles que la perspective actionnelle et les approches plurielles ? 
  • Quel lien fait-on entre les approches académiques des textes littéraires et les pratiques scolaires ? 

Axe 4 – Multimodalité et intelligence artificielle générative

La diversification des supports numériques et l’essor de l’intelligence artificielle redéfinissent profondément les pratiques de lecture et l’enseignement de la littérature en L2. Lire ne signifie plus uniquement parcourir un texte imprimé : il s’agit aussi d’explorer des livres électroniques, d’écouter des récits audios ou d’interagir avec des formes narratives multimodales. Ces évolutions, en pleine expansion, invitent à interroger la transformation de notre rapport au texte littéraire ainsi que les modalités de sa transmission aux apprenant·es. 

  • En quoi ces nouveaux supports modifient-ils la manière de faire découvrir les textes littéraires aux apprenant·es ? 
  • Quels bénéfices mais aussi quels obstacles posent ces nouvelles modalités pour l’enseignement de la littérature en L2 ? 
  • Comment l’intelligence artificielle générative (IAg) peut-elle être mobilisée pour soutenir la lecture, l’annotation ou l’analyse des textes ? 
  • Dans quelles conditions l’IAg peut-elle constituer un outil pertinent de médiation ou de création en classe ? 
  • Quelles limites, quels risques ou quelles questions éthiques l’usage de l’IAg soulève-t-il pour l’enseignant·e comme pour l’apprenant·e ? 
  • Comment articuler ces innovations technologiques avec les objectifs culturels, formatifs et critiques propres à l’enseignement littéraire ? 

Modalités de participation 

Les interventions pourront prendre différentes formes : 

  • Exposés longs (20 minutes + 10 minutes de discussion) 
  • Exposés courts (10 minutes + 5 minutes de discussion) 
  • Tables rondes, podiums, ateliers (partage de pratiques, présentations d’activités, retours d’enseignement) 

Les propositions doivent comporter : 

  • L’axe choisi, 
  • Le titre de l’intervention, 
  • Le type d’intervention (exposé long, court, atelier), 
  • Un résumé de 5 lignes au maximum. 
  • Date limite de soumission : 22 décembre 2025 

À envoyer à : lalpic@hepl.ch et efle@unil.ch 

Notification des propositions retenues et programme provisoire : 15 janvier 2026 

Informations pratiques 

  • Participation gratuite mais inscription obligatoire. 
  • Une attestation de participation et/ou de formation continue sera délivrée aux enseignant·es du Canton de Vaud qui le désirent 
  • Public cible : chercheur·euses en langues et littérature, enseignant·es et formateurs du secondaire, étudiant·es universitaires et en formation à l’enseignement. 

Organisation 

Ces journées sont organisées conjointement par l’École de français langue étrangère de l’Université de Lausanne, l’Unité d’enseignement et de recherches des langues-cultures, et le laboratoire LPIC (Langues plurililinguisme, intéragration et culture) de la HEP Vaud, dans une volonté de dialogue entre recherche et pratique enseignante, et d’ouverture à la diversité linguistique et culturelle. 

Comité d’organisation 

Chiara Bemporad (HEP Vaud), Luc Fivaz (HEP Vaud), Cyrille François (UNIL-EFLE), Graziella Pesce (Présidente cantonale de chefs de files allemand, Secondaire II)

Comité scientifique

Alain Ausoni

Raphaël Baroni

Chiara Bemporad

Arnaud Buchs

Luc Fivaz

Cyrille François

Antje Kolde

Graziella Pesce

Paula Ristea

Ingo Thonhauser

Martina Zimmermann

Références citées 

Albert, M.-C. & M. Souchon (2000). Les textes littéraires en classe de langue. Paris, Hachette.

Bemporad C. & T. Jeanneret (dir.) (2019). Lectures de la littérature et appropriation des langues et cultures. Recherches et applications, no 65.

Conseil de l’Europe (2022). Cadre européen commun de référence pour les langues : apprendre, enseigner, évaluer : Volume complémentaire. Council of Europe.

Godard, A. (dir.) (2015). La littérature dans l’enseignement du FLE. Paris : Didier.

Pieper, I., et al. (dir) (2007). Texte, littérature et « Bildung ». Strasbourg : Conseil de l’Europe. Division des Politiques linguistiques.

Concours de la nouvelle plurilingue, remise des prix, 5e édition – 12 mai 2025

La cérémonie de remise des prix de la 5e édition du Concours de la nouvelle plurilingue sur le thème Langues en folie se déroulera le 12 mai à l’INALCO à 18h30 en présence des lauréats francophones du monde entier, de l’écrivaine Maryam Madjidi, marraine de l’édition 2025 du concours, et de l’artiste-chercheuse Lilyana Petrova, marraine du Prix Inciam de la création numérique.

Cette soirée sera aussi l’occasion de lancer l’édition 2026 autour d’un atelier d’écriture plurilingue interactif animé par Florian Targa (service REVE, Inalco).

https://www.inalco.fr/evenements/remise-des-prix-de-ledition-2025-du-concours-de-la-nouvelle-plurilingue

Appel à articles :  “Habiter et hanter la langue : l’accent dans la littérature et les arts” 

Cinquième numéro de la revue Pagaille, revue de littératures et médias comparés

http://revue-pagaille.fr/

 “Habiter et hanter la langue : l’accent dans la littérature et les arts” 

Modalités de soumission :

  • Les propositions d’articles, de 500 mots maximum, accompagnées d’une bio-bibliographie et de 5 mots-clés, sont à envoyer avant le 1er juin 2025 à l’adresse mail suivante : revue.pagaille@gmail.com.
  • Les notifications aux auteurs et autrices seront envoyées début juillet 2025.
  • L’article (de 30 000 à 40 000 signes espaces compris) sera à envoyer avant le 15 octobre 2025 pour évaluation en double aveugle par le comité scientifique.
  • La publication du numéro est prévue en avril 2026 sur le site de la revue : http://revue-pagaille.fr.

Comité de rédaction

Julie Brugier, Université Paris Nanterre

Marion Brun, Université Paul-Valéry Montpellier 3

Hélène Dubail, Université Paris Nanterre

Amandine Lebarbier, Université Paris Nanterre

“Montemisselle, lé chas honte manché lâ grôttenne tan Bâri sti nouitte !” [“Mesdemoiselles, les chats ont mangé la crotte dans Paris cette nuit!”]. Ce n’est rien de moins qu’en “patois germanico-gallique” que Balzac choisit de faire parler son personnage, le professeur Schmucke, musicien allemand, qui s’adresse ici à ses deux jeunes élèves pour les amuser de “petites phrases spirituelles” de son cru. L’effet recherché par Balzac est avant tout comique, provoquant une impression d’incongruité chez les lecteurs et lectrices, voire d’incompréhension quand la phrase n’est pas traduite. Mais ces passages qui reposent sur le mimétisme sonore d’un accent allemand ont un effet contradictoire : ils donnent au personnage de Schmucke du relief, une couleur locale, une présence sonore plus affirmée, mais tendent à le surdéterminer, en le réduisant à une appartenance nationale, à une identité purement langagière. 

Au-delà de cet exemple dont on conviendra du caractère caricatural – mais qui est loin d’être isolé dans la production fictionnelle du XIXe siècle – ce cinquième numéro de la revue Pagaille souhaiterait s’interroger sur la présence sonore particulièrement incarnée que représente l’accent, autant dans la production littéraire d’un auteur ou d’une autrice que dans la construction de sa posture auctoriale. Sorte de “langue fantôme” (Fleischer, 2005) dont la matérialité est souvent difficilement représentable dans le texte, la question de l’accent recouvre des enjeux stylistiques, esthétiques et politiques nombreux, renvoyant à des problématiques identitaires et de représentation qu’il nous semble intéressant d’interroger dans une perspective comparatiste et intermédiale.

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Appel à articles : Plurilinguismes et essentialismes. Approches littéraires et sociolinguistiques

Appel à contributions pour un volume collectif (Casa Editrice Universitaria Edizioni dell’Orso) à paraître fin 2025, début 2026.

Direction du volume: Franca Bruera, Valeria Marino et Benoît Monginot

  • Date de remise des abstracts: 15 janvier 2025.
  • Date de communication de la sélection:  31 janvier 2025.
  • Date de remise des textes: 1 Juin 2025
  • Université de Turin Dipartimento di Studi Umanistici

Les abstracts de 500 signes environ sont à envoyer aux adresses suivantes et seront accompagnés d’une bio-bibliographie: benoit.monginot@unito.it ; valeria.marino@unito.it

— Argumentaire –

Alors qu’on les croyait révolus, les discours autour d’une supposée essence des langues continuent d’infuser dans les théories et les pratiques langagières (linguistiques, littéraires). Pourtant, les langues sont filles des œuvres, disait Henri Meschonnic, entendant par là qu’aucune valeur n’est inhérente à une langue donnée et qu’au contraire si une langue se fait le lieu d’élaboration de contenus éthiques et/ou idéologiques, ce n’est jamais en raison d’une (introuvable) essence mais bien plutôt sous l’effet des énonciations historiquement et socialement situées qui s’y produisent: “Il importe de cesser d’attribuer aux langues ce qui est le fait des œuvres, même et justement si leurs valeurs constituent un apport spécifique à telle ou telle langue, au point d’y être identifiées” (Meschonnic 2006). Seulement voilà, il n’est pas rare que celles et ceux-là mêmes qui œuvrent dans la langue aient à se mesurer, à se délivrer ou à composer avec les figures idéologiques figées d’une langue abstraite léguées par une tradition métaphysique plurimillénaire, aujourd’hui filtrée et diffusée par les institutions scolaires, politiques et culturelles [la métaphysique du signe pour Meschonnic (1975)].

Des exemples de ces figures idéologiques peuvent être trouvés dans les discours normatifs et traditionalistes qui en appellent au génie de la langue (qu’on pense aux propos d’un Alain Finkielkraut ou d’un Marc Fumaroli), mais également – et de façon plus subtile – dans d’autres espaces idéologiques, où ils restent à déceler.

Savoir que nous avons basculé de façon irrémédiable dans un monde colonial et post-colonial (au sens où ce ne sont pas seulement les espaces anciennement colonisés qui sont postcoloniaux, mais l’ensemble du monde contemporain qui est configuré dans son ensemble par l’expérience coloniale, et qui est rendu “mondial” par ce même processus colonial), et donc dans un monde mondial, immerge tout.e locuteur.e dans un rapport à la langue structuré par la reconnaissance de l’existence du multilinguisme, et donc de son propre rapport, réel ou fantasmé, au plurilinguisme. En effet, comme l’affirme Edouard Glissant, « aujourd’hui, même quand un écrivain ne connaît aucune autre langue, il tient compte, qu’il le sache ou non, de l’existence de ces langues autour de lui dans son processus d’écriture. On ne peut plus écrire une langue de manière monolingue. On est obligé de tenir compte des imaginaires des langues » (Glissant 1992, 12).

L’invention de la francophonie, en ce qu’elle incarne un type sociopolitique spécifique de confrontation du français à d’autres langues, montre à ce titre deux des visages que peut prendre cet essentialisme quand il se décline sur le motif du plurilinguisme: tandis que l’universalisme prétend à une mission civilisatrice au moyen de la langue française (position que défendront aussi bien Jules Ferry que le géographe colonialiste Onésime Reclus), un autre discours, romantique, le concurrence en identifiant peuple et langue de manière plus étroite, dans une vision de la langue comme expression de l’âme d’un peuple et d’un territoire, telle que la défend le sinologue suisse Léopold de Saussure, et que recoupe le culte fou qu’un Senghor (de nouveau écrivain dit “francophone”) voue à la langue française.

Ces deux orientations définissent différentes configurations essentialistes du couple identité / altérité. Il s’agit donc de réfléchir sur le corpus de représentations dont chaque langue s’entoure et de porter sur les œuvres plurilingues un regard informé de la connaissance des mécanismes sociaux et des forces socio-symboliques caractérisant chaque contexte.

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Parution : Pour qui je me prends de Lori Saint-Martin

Pour qui je me prends

Pour qui je me prends

Lori Saint-Martin

Paris, éditions de l’Olivier, 2023. 1re édition, Montréal, éditions du Boréal, 2020.

Lori Saint-Martin, née en 1959 à Ontario, et morte à Paris en 2022, était écrivaine, traductrice et enseignante-chercheuse à l’université du Québec à Montréal, spécialiste de l’oeuvre de Gabrielle Roy et des études féministes de la littérature.

Elle publie en 2020 un récit autobiographique sur son parcours langagier, avec la découverte du français, l’abandon de l’anglais, puis sa réappropriation de la mémoire familiale, qui la conduit à interroger aussi le rapport à l’allemand, langue de sa famille et d’une importante communauté germanophone de sa ville natale autrefois nommée Berlin, puis l’espagnol, langue apprise tardivement.

Ainsi réfléchit-elle sur les liens familiaux et linguistiques, entre héritage impossible, fuite et réinvention, rupture et réconciliation.

Présentation de l’édition française :

« Si j’ai changé de vie et de langue maternelle, c’était pour pouvoir respirer alors que j’avais toujours étouffé. »

Lori naît au Canada, à Kitchener, dans une petite ville anglophone de l’Ontario où le destin semble joué d’avance pour une fille de la classe ouvrière. Dès l’enfance, elle ressent un malaise que l’adolescence amplifie. Elle rêve de fuir, de se transformer pour devenir pleinement elle-même. Première étape : elle apprend le français et décide d’en faire sa langue maternelle. La littérature sera son sésame vers une autre existence. Conquérir les mots, c’est gagner son indépendance, trouver la voix du courage.
À l’éternelle question de sa mère, Who do you think you are ?, Lori Saint-Martin réplique par ce livre. Pour qui je me prends est le récit lumineux d’une femme qui a su se réinventer.

Appel à com : Transfuges/translingues : face à la langue

Appel à communications

Propositions à envoyer avant le 25 mars 2925

Orléans, 12-13 juin 2025

Il y a un air de famille, dans les récits de soi écrits en français, entre les transfuges de classe et celles et ceux que nous appellerons ici translingues (Ausoni 2018, De Balsi, 2024), qui écrivent dans une langue seconde – ici le français – apprise tardivement et dans une démarche individuelle leurs parcours de vie. Les autrices et auteurs transfuges racontent l’histoire, intime et sociale, d’une mobilité qui est très souvent une ascension, dans un récit de plus en plus canonisé (Véron et Abiven, 2024) : on pense au Nobel obtenu par Annie Ernaux en 2022. Ce récit de transfuge est devenu un genre rapidement reconnaissable, avec certains thèmes récurrents. Or parmi ces thèmes, la langue tient une place importante : langue du milieu d’origine, confrontation à une autre langue (souvent via l’école), retours (de diverses sortes) au milieu d’origine et à sa langue.

Dans les récits qui font état d’une situation de départ monolingue, le/la transfuge se trouve aux prises avec des variétés – sociales et/ou géographiques – hiérarchisées. Le ou la transfuge découvre, souvent à l’école, qu’il existe une autre langue que celle de la maison, la langue du « bon français », qui est quelquefois étiquetée « français » tout court. Il ou elle apprend à apprivoiser cette langue que sa famille a contrario ne maitrise pas, ce qui participe à un sentiment de clivage entre deux mondes sociaux, entre deux langues. Mais dans ces cas, la diglossie reste interne à la langue française : on peut penser au français populaire et au normand chez Annie Ernaux ou aux mots champenois chez Didier Eribon. Dans d’autres aires ou régions francophones comme la Belgique francophone, le Québec, l’Acadie, au clivage entre plusieurs variétés de français s’ajoute un sentiment d’insécurité linguistique (voir Francard 1994, Boudreau 2023) par rapport à la norme du français de France, langue légitime fantasmée.

D’autres peuvent se trouver en revanche dans des situations plurilingues : les enfants d’immigrés en France, par exemple, doivent jongler entre une langue familiale souvent dévalorisée par la société et le français avec ses variétés hiérarchisées. Dans leurs récits, ces locutrices et ces locuteurs représentent alors des langues en conflit : d’une part, ils sont en situation d’insécurité dans la langue des parents, d’autre part, ils aident ces derniers dans des situations de communication complexes (administration, bureaucratie…) (Slaoui, Illégitimes). Les auteurs et autrices francophones du Sud mettent en scène quant à eux la violence d’une école assimilationniste, excluant de la réussite les élèves qui ne maitrisent pas la langue dominante (Chamoiseau, Une enfance créole).

Les autrices et auteurs translingues racontent une mobilité liée à un parcours d’émigration vécue en première personne. Dans leurs récits autobiographiques, la mobilité sociale peut être, dans un premier cas ou dans un premier temps, descendante. On peut penser aux récits de Maryam Madjidi, Laura Alcoba, Polina Panassenko, ou, au Québec, de Caroline Dawson, qui ont émigré pendant l’enfance avec leurs parents pour des raisons politiques et économiques : l’apprentissage du français est ici question de survie, avant même d’être le moyen d’un changement de classe sociale ; ou encore au cas de la Canadienne Lori Saint-Martin qui, originaire d’un milieu populaire anglophone, émigre au Québec à l’âge adulte et fait du français l’instrument d’une ascension sociale par les études.

Transfuges et translingues partagent donc l’expérience du passage, de la transition, du traversement de frontière indiqué par le préfixe commun « trans » : d’une classe sociale à l’autre, d’un pays à l’autre, d’une langue à l’autre. Mais dans quelle langue raconter un parcours de mobilité qui est aussi un parcours linguistique ? Dans ces récits, la langue n’est pas un simple symbole du passage d’un monde à un autre, d’un pays à un autre, mais elle est aussi ce que crée l’écrivaine ou l’écrivain, l’outil avec lequel il ou elle choisit de représenter le monde social, voire d’agir sur le monde social. Comment faire entendre dans le récit la langue de ceux qu’on a quittés – une langue qu’on a souvent soi-même quittée ?

Le présent colloque souhaite conduire une réflexion collective sur la langue des transfuges translingues francophones contemporains, en confrontant leur discours métalinguistique et métastylistique – avec sa part d’idéologie, de fiction ou de fantasme – à leurs pratiques effectives. Il s’agira d’interroger les enjeux sociaux et politiques du rapport de ces locutrices et locuteurs, autrices et auteurs transfuges et translingues à la langue, selon une méthodologie de recherche critique.

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Exposition “En françaiS au pluriel” à Paris, 24-29 octobre 2024

Le site conçu par Myriam Suchet s’expose aux Arches de l’Hôtel de Ville

Les Vitrines des Arches, 4 rue Saint Martin 75004 Paris

Paris, du 24 au 29 octobre 2024, de 12h à 19h

Soirée de lancement le 25 octobre à 19h, avec les artistes exposé.e.s

“Le site /www.enfrancaisaupluriel.fr constitue tout à la fois un laboratoire de recherche participatif, une ressource pédagogique et un musée virtuel. Venez parcourir en 3D et en bonne compagnie les arborescences qui relient les textes littéraires qui composent la bibliothèque de départ, les fiches-outils de désapprentissage de « la langue » et les œuvres inédites exposées dans la galerie numérique. Le point commun à chacune de ces constellations, c’est un travail d’étrangement qui donne à entendre le « s » d’en français comme une marque de pluriel et suggère de traduire le « FLE » de français langue étrangère en français langue étrangée.” (Myriam Suchet)

Pour découvrir le site : https://www.enfrancaisaupluriel.fr/

Une publication réunissant les 9 livrets accompagnant les cinq ans de recherche de Myriam Suchet “Traduire du français aux français” est disponible aux Editions du Commun .

ÉCRIRE ET TRADUIRE AU FÉMININ – Séminaire ITEM 2024-2025

CNRS 59, rue Pouchet 75017 Paris (salle 311, 3ème étage) 14h30-16h30

Programme du Séminaire et des activités de l’équipe MULTILINGUISME, TRADUCTION, CRÉATION

Responsable : Olga ANOKHINA

Pour la 2ème année consécutive, le Séminaire de l’équipe de recherche Multilinguisme, traduction, création de l’ITEM (UMR 8132 CNRS/ENS) portera sur le processus créatif des écrivaines et des traductrices.

18 octobre 2024

14h30-16h30
Mickaelle CEDERGEN (Université de Stockholm/ITEM) L’autotraduction littéraire, une créativité auctoriale sous conditions ? CNRS 59, rue Pouchet 75017 Paris (salle 311, 3ème étage)

5 novembre 2024

17h00-19h00
Patrick Hersant (Université de Paris 8-ITEM) et Leonid Livak (Université de Toronto) Traductions, réflexions, correspondance : Ludmila Savitzky à la lumière de l’archive [NB : Cette séance aura lieu dans le cadre du SÉMINAIRE GÉNÉRAL de l’ITEM]
Salle Emile Borel (U203), ENS 29 rue d’Ulm 75005 Paris

6 décembre 2024

14h30-16h30
Julie OLIVEIRA DA SILVA (Sorbonne Université)
Entre stratégies de neutralisation du genre dans l’œuvre poétique de Virginia Victorino (1895- 1967) et une esquisse de traduction au féminin
CNRS 59, rue Pouchet 75017 Paris (salle 311, 3ème étage)

7 Février 2025

14h30-16h30
Antonio LAVIERI (Université de Palerme/ITEM)
Genèse des traductions et traduction comme genèse. Bona de Mandiargues et Nicole Brossard CNRS 59, rue Pouchet 75017 Paris (salle 311, 3ème étage)

7 mars 2025

14h30-16h30
Caroline BERENGER (Université de Caen)
Le fonds Joseph Brodsky/Véronique Schiltz. Hypothèses sur une réception inachevée en France CNRS 59, rue Pouchet 75017 Paris (salle 311, 3ème étage)

1 avril 2025

17h00-19h00
Silvia BARON SUPERVIELLE, séance animée par Stavroula KATSIKI (Université Paris 8, TransCrit/ITEM)
Rencontre avec Silvia Baron Supervielle, écrivaine, traductrice, autotraductrice
[NB : Cette séance aura lieu dans le cadre du SÉMINAIRE GÉNÉRAL de l’ITEM]
Salle Dussane (rdc, aile Erasme), ENS 45 rue d’Ulm 75005 Paris

23 mai 2025

14h30-16h30
Sylvie DUCAS (Université Paris-Est Créteil–UPEC) Écrivaines et prix littéraires
CNRS 59, rue Pouchet 75017 Paris (salle 311, 3ème étage)

Congrès, conférences et journées d’étude en 2024-2025

12-13 juin 2025

Colloque international L’étude du processus créatif des écrivaines francophones plurilingues aux XXe et XXIe siècles, Stockholm. Organisé par Mickaëlle CEDERGREN (Université de Stockholm/ITEM) et Olga ANOKHINA (ITEM)

30 juin-3 juillet 2025

Panel “Exploring translators’ archives from a gendered perspective: methodologies and deontology” coordonné par Pascale SARDIN (Bordeaux Montaigne University/ITEM) and Serenella ZANOTTI (University of Rome III/ITEM) dans le cadre du 11th EST Congress 2025-The Changing Faces of Translation and Interpreting Studies, University of Leeds

Elke de Rijcke, écrivaine translingue

Entretien avec une autrice à découvrir dans Les Plats-Pays

Elke de Rijcke, poétesse entre deux langues, le français et le néerlandais, interrogeant aussi les liens entre littérature, arts et sciences, s’entretient avec la journaliste Véronique Bergen.

Entretien à découvrir dans le magasine en ligne Les Plats-Pays, consacré à la création en Flandre et aux Pays-Bas

https://www.les-plats-pays.com/article/une-ecrivaine-translingue-elke-de-rijcke

Citation :

Extrait d’une anthologie de ses oeuvres publiée aux éditions Lanskine à découvrir en lecture dans le podcast SonaLitté :

https://soundcloud.com/sonalitte/elke-de-rijcke-et-puis-soudain-il-carillonne-318

Cycle « Paroles de créatrices » : Dialogue entre Négar Djavadi et Elitza Gueorguieva

Quatrième conférence ans le cadre de la résidence d’écriture d’Elitza Gueorguieva

portrait Négar Djavadi
portrait Négar Djavadi © Négar Djavadi‎

  • Jeudi 2 mai de 18h à 20h
  • Université Sorbonne Nouvelle Campus Nation 8 avenue Saint-Mandé 75012 Paris – Salle AS35
  • Entrée libre

Cycle « Paroles de créatrices » 

Dans le cadre de la résidence d’écriture d’Elitza Gueorguieva

Dialogue entre Négar Djavadi et Elitza Gueorguieva

Séance animée par Aline Marchand, en complicité avec Marielle Anselmo

Cette rencontre est la quatrième d’un cycle organisé dans le cadre de la résidence d’écriture de l’écrivaine franco-bulgare Elitza Gueorguieva à l’Inalco. Celle-ci anime deux ateliers d’écriture à destination des étudiants de Licence et de Master. Elle participe à une série de rencontres avec des écrivaines qui partagent avec elle le fait d’être translingues, c’est-à-dire d’être passées de leur langue maternelle au français, langue d’écriture.

La discussion gravitera autour du roman Désorientale de Négar Djavadi, qui déploie l’histoire de l’Iran sur trois générations, à travers le récit d’apprentissage de Kimiâ Sadr, fille d’un journaliste opposant au régime iranien et s’exilant avec sa famille en Europe. Dans cette fresque romanesque, les langues parlées, entendues et rêvées de l’enfance (le persan, le dialecte mazandarani ou encore le français) traversent les frontières géographiques pour interroger les représentations de l’Orient dans la société française d’aujourd’hui.

Négar Djavadi est née en Iran et vit en région parisienne. Elle arrive en France à l’âge de onze ans avec sa famille, des opposants au Shah puis à Khomeiny. Après des études en cinéma à Bruxelles (INSAS), Négar Djavadi réalise des documentaires et écrit des scénarios de fictions. En 2016, paraît son premier roman, Désorientale, aux éditions Liana Levi, primé en France, en Belgique comme aux États-Unis, et traduit dans une quinzaine de langues. Parallèlement à sa carrière de scénariste, elle signe Arène (2020) chez la même éditrice et La Dernière Place (2023) dans la collection « des nouvelles du réel » aux éditions Stock.

Elitza Gueorguieva est née à Sofia, en Bulgarie. Elle a publié deux romans aux éditions Verticales : Les cosmonautes ne font que passer (2016) et Odyssée des filles de l’Est (2024). Elle a réalisé plusieurs fils documentaires dont Chaque mur est une porte (2017) et Notre endroit silencieux (2021). Elle réalise des performances pour différents lieux scéniques.

Cette résidence d’écriture est réalisée dans le cadre du programme de résidences de la Région Île-de-France. Elle est portée par le Master de Traduction Littéraire, avec le soutien des équipes PLIDAM, CERLOM, CREE et la collaboration de l’UMR THALIM.

Les prochaines rencontres auront lieu : le mardi 14 mai 2024 à 19h avec L. Etchart à la Librairie des femmes et le 19 ou 20 juin 2024, pour une restitution du travail mené en atelier avec les étudiant.e.s de l’Inalco, à la Maison de la Poésie. 

Responsable : marielle.anselmo@inalco.fr 

Contact : aline.marchand@sorbonne-nouvelle.fr 

« Écrire en français langue autre au XXIe siècle »  Festival de la Francophonie 2024, 25-25 avril 2024 – Sorbonne Abu Dhabi

« Écrire en français langue autre au XXIe siècle »  

Colloque international25 et 26 avril 2024  

Festival de la Francophonie 2024 

Rencontres exceptionnelles avec les auteurs

Makenzy Orcel, Miguel Bonnefoy, Elke de Rijcke, Raluca Maria Hanea, François Heusbourg, Ryoko Sekiguchi, Mehtap Téké 

Sorbonne Université Abu Dhabi, Zayed Theater/Colloque en comodal  

Dans le sillage des travaux et réflexions séminaux consacrés depuis une trentaine d’années à l’hétérolinguisme, au plurilinguisme, et tout récemment encore à la francophonie translingue littéraire, le colloque international « Écrire en français langue autre au XXIe siècle » vise à interroger, dans toute sa diversité, sa complexité, et ses enjeux, tant esthétiques que linguistiques et politiques, l’écriture littéraire en français langue autre au XXIe siècle.  

Cet événement est organisé dans le cadre du Festival de la Francophonie 2024 par Sorbonne Université, Sorbonne Université Abu Dhabi et New York University Abu Dhabi, avec le mécénat d’Air France.  

  Possibilité de suivre en ligne sur demande aux organisteurs

Attention, horaire local (+2h) – il faut donc retirer 2h pour l’heure de Paris

Jeudi 25 avril 

Matin 

8h30. Accueil des participants 

8h45. Ouverture du colloque et introduction  

9h20-9h50. Sara De Balsi 

« Francophonie translingue : actualité et perspectives » 

9h50-10h10. Discussion  

10h30-12h00. Rencontre avec Makenzy Orcel et Miguel Bonnefoy 

« Le roman à l’épreuve du français langue autre » 

Table ronde animée par Leila Sammou et Célia Ouali (Sorbonne Université Abu Dhabi) 

Discussion et échange avec le public 

12h00-12h30. Dédicace avec les écrivains du colloque en présence de la Librairie Culture and Co: avec Makenzy Orcel, Miguel Bonnefoy, Elke de Rijcke, Raluca Maria Hanea, François Heusbourg, Ryoko Sekiguchi, Mehtap Téké  

Après-midi 

13h45. L’oeuvre du plurilinguisme, de l’Amérique du Sud à l’Europe de l’Est 

Présidente-discutante: Angeliki Kordoni 

13h50-14h10. Julie Corsin (Université de Castille-La Manche) 

« Le français comme langue d’écriture autre dans les œuvres de Silvia Baron Supervielle » 

14h10-14h30. Anne Godard (Université Sorbonne-Nouvelle-Paris 3) 

« Trois autofictions langagières contemporaines autour du plurilinguisme et de l’exil (Alcoba, Madjidi, Panassenko) »  

14h30-14h45. Discussion 

14h45-15h00. Pause 

15h00. L’Europe au crible du translinguisme 

Présidente-discutante: Karine Germoni 

15h00-15h20. Olga Anokhina (ITEM, UMR 8132 CNRS/ENS) 

« Écrire avec un accent ? Polina Panassenko, Tenir sa langue » 

15h25-15h45. Angeliki Kordoni (Sorbonne Université Abu Dhabi) 

« Entre deux langues et deux cultures : l’odyssée identitaire de Vassilis Alexakis » 

15h45-16h15. Bernard Franco (Sorbonne Université, Faculté des Lettres) 

« Giovanni Dotoli entre deux mondes : un poète italien de langue française ? » 

16h15-16h30. Discussion 

16h30-16h40. Pause  

16h40-17h20. Rencontre avec Elke de Rijcke :  

« Comment ma poésie translingue est prise dans plusieurs rapports de traduction » 

Lecture de poèmes d’Elke de Rijcke 

Discussion et échange avec le public  

17h20-17h30. Pause 

17h30-19h00. Rencontre avec Raluca Maria Hanea et François Heusbourg :  

« Aux sources du babil : Raluca Maria Hanea en dialogue avec son éditeur, le poète François Heusbourg » 

Lecture de poèmes de Raluca Maria Hanea 

Discussion et échange avec le public 

Vendredi 26 avril 

8h30. Accueil des participants 

8h45. Du Maghreb au Machrek : traversées et altérités linguistiques 

Président-discutant: Alvaro Luna-Dubois 

8h45-9h05. Soraya Refrari (Université de Biskra) 

« Les dynamiques de l’écriture en français langue autre : le cas d’Assia Djebar » 

9h10-9h30. Amel Maouchi (Université Frères Mentouri-Constantine 1) 

« De Babel à Terminus Babel : traversées littéraires et linguistiques dans l’oeuvre de Mustapha Benfodil » 

9h30-9h40. Discussion 

9h40-10h00. Lamia Mecheri (Université d’Annaba) 

« Écrire en français, une langue déterritorialisée : Ce que le mirage doit à l’oasis de Yasmina Khadra » 

10h00-10h20. Mouna Lahlah (Université Badji Mokhtar Annaba) 

« La langue plurielle de Fahla, reflet d’une Algérie en mutation » 

10h20-10h40. Souad Baba Saci (Université  Mohamed Lamine Debaghine-Sétif 2) 

« “Ma langue est celle de l’Autre” : représentations et choix linguistiques dans l’œuvre de Kaouther Adimi » 

10h40-11h00. Discussion 

11h00-11h15. Pause  

Présidente-discutante: Olga Anokhina 

11h20-11h40. Gleya Maatallah (Université de Manouba) 

« Écrire dans la langue de l’Autre chez Fawzia Zouari : entre mal être culturel et identité plurielle » 

11h40-12h00. Hind Aassouli et Salsabil Fakkar (Université Hassan II, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Ain Chock) 

« L’exploration identitaire à travers l’écriture en langue française : regards croisés sur deux écrivain.e.s marocain.e.s » 

12h00-12h20. Claire Olivier (Université de Limoges) 

« Oliver Rohe : altérité des chants » 

12h20. Discussion 

14h00. Plurilinguismes et interculturalités de l’Afrique francophone 

Présidente-discutante: Bodo Ramangason 

14h00-14h20. Réka Belog (Université Paris 8 Vincennes-Saint Denis) 

« Recréer en français langue autre et le plurilinguisme chez Alain Mabanckou » 

14h25-14h45. Aminata Aidara et Aliou Seck (Université Cheikh Anta Diop) 

« Le roman africain d’expression française: de l’hybridité linguistique à une interculturalité dynamique » 

14h45-15h00. Discussion 

15h00. Vers l’Inde, en passant par Madagascar: parcours identitaires en langue autre 

Présidente-discutante: Réka Balog 

15h00-15h20. Bodo Ramangason (Université d’Antananarivo) 

« Bilangue et Interculturalité : rencontre avec des traits identitaires de certaines œuvres de Michèle Rakotoson » 

15h25-15h45. Kshama D. Dharwadkar et Shourya S. Dalvi (Goa University) 

« Dévoiler la complexité culturelle: une exploration approfondie de l’identité, de la tradition et de la langue dans Nocturne Pondichéry d’Ari Gautier » 

15h50-16h10. Sharmili Jayapal (Université de Pondichéry) 

« De la Langue Natale à la Langue Vitale: le parcours atypique de Shumona Sinha vu à travers L’autre nom du bonheur était français » 

16h10-16h30. Discussion et pause 

16h30. Rencontre avec Ryoko Sekiguchi et Methap Téké :  

« Écrire entre deux langues »  

Table ronde animée par Saïd Nourine (Directeur de l’Alliance française de Dubai) et Karine Germoni (Sorbonne Université, Faculté des Lettres/Sorbonne Université Abu Dhabi) 

Discussion et échange avec le public 

18h00. Clôture du colloque  

Le public extérieur pourra se connecter à distance pour suivre le colloque grâce au lien ci-dessous:

https://events.teams.microsoft.com/event/08b71bcc-4730-4d0d-a3dd-2fa2a449ba81@ef07ba01-f2c4-4eaa-99d4-57ab649ee4ff

Parution : L’enfant plurilingue en littérature

GOURGUES, Marie ; SAMPAGNAY, Louise (dir.) (2024), L’enfant plurilingue en littérature, Editions des archives contemporaines, Coll. «Multilinguisme, traduction, création», France, ISBN : 9782813005205, 295p.,

Ouvrage en accès libre

doi : https://doi.org/10.17184/eac.9782813005205  

Présentation :

« Il existe une sorte d’étymologie privée liée aux langues qu’un enfant a précocement connues. En écrivant l’histoire d’une jeunesse, il me faudrait examiner sérieusement les noms et les mots en tant que tels » écrivit Canetti en 1973, prix Nobel de littérature pour une œuvre entièrement écrite en allemand.

Cette langue était pourtant sa cinquième, apprise à partir de ses huit ans après le judéo-espagnol, le bulgare, l’anglais et le français. D’une enfance pensée et écrite entre les langues résulte cette évidence : l’attention qui doit être portée aux mots est démultipliée par le nombre de langues parlées – autant de systèmes intimes et politiques où ils s’organisent.

Les contributions rassemblées dans ce volume proposent de penser la multiplicité des langues, leur entremêlement, changement, ou influence sur la ou les langues d’écriture. De l’hétérolinguisme au translinguisme, écrivains et chercheurs envisagent et retracent des itinéraires langagiers placés sous le signe de découvertes, d’apprentissages familiaux et scolaires, d’abandons ou de (re)conquêtes d’idiomes imposés ou choisis. Les figurations littéraires de l’enfance chez des auteurs déjà envisagés, ou non, par les études plurilingues (V. Nabokov, F. Laroui, M. Madjidi, F. Cavanna, E. Carrère, S. Varatharajah, S. Cisneros, D. Tammet…) sont explorées au même titre que celles d’auteurs de littérature de jeunesse (T. Ungerer, Y. Fastier, B. Atxaga…). Enfin nous sont données à lire des paroles d’écrivains plurilingues contemporains : Adolphe Nysenholc, Emilio Sciarrino, Alfons Cervera et Denis Lachaud.

Le retour à l’enfance dans la multiplicité de ses langues vécues corporellement, entendues, parlées, mises en littérature, permet de comprendre le paradigme post-monolingue de l’« au-delà de la langue maternelle » défini par Yildiz en 2012.

Parution : Sara De Balsi, La francophonie translingue. Eléments pour une poétique

Rennes, Presses Universitaires de Rennes, coll. “Plurial”, 2024, 126 pages, 18€. EAN : 9782753594371

Qu’implique le choix d’écrire en français lorsque le français est une langue seconde, apprise dans une démarche individuelle à un âge relativement avancé ? S’agit-il d’une simple «conversion» à un centre politique et littéraire prestigieux et à sa tradition littéraire, ou bien d’une pratique littéraire hybride qui perturbe les liens supposés nécessaires entre langue, littérature et nation ?

Cet ouvrage est une étude synthétique de la francophonie translingue, de l’ensemble des œuvres d’écrivains pour lesquels le français est une langue seconde apprise tardivement et par une démarche individuelle, en l’absence d’une communauté linguistique d’origine partiellement ou totalement francophone. Ces œuvres sont envisagées à l’intérieur de la problématique des littératures francophones entendues comme des littératures de l’entre-deux et issues du contact linguistique ou culturel. Sont étudiées vingt-cinq auteurs ayant publié en français entre la fin des années quatre-vingt et aujourd’hui, parmi lesquels Vassilis Alexakis, Ying Chen, Nancy Huston, Agota Kristof, Milan Kundera.

Sara de Balsi, agrégée d’italien, est chercheuse associée de l’UMR Héritages à Cergy Paris Université. Ses recherches portent sur les différentes formes du plurilinguisme littéraire : les écrivains plurilingues, bilingues, migrants ; les écrivains traducteurs et auto-traducteurs ; les auteurs dits de la “post-migration”, ou de seconde génération ; et surtout le translinguisme, l’écriture dans une langue seconde apprise tardivement et dans une démarche individuelle. Un essai issu de sa thèse, Agota Kristof, écrivaine translingue, a été publié aux Presses Universitaires de Vincennes en 2019.

Appel à communication : Écrire en français langue autre au XXIe siècle

Colloque international organisé à Sorbonne Université Abu DhabiÉmirats Arabes Unis.

jeudi 25-vendredi 26 avril 2024

Date limite d’envoi des propositions : 16 février 2024

Dans le sillage des travaux et réflexions séminaux consacrés depuis une trentaine d’années à l’hétérolinguisme, au plurilinguisme, et tout récemment encore à la francophonie translingue littéraire (Ausoni, Anokhina, Allard et De Balsi), ce colloque, qui se tiendra à Sorbonne Université Abu Dhabi, vise à interroger, dans toute sa diversité, sa complexité, et ses enjeux, tant esthétiques que linguistiques et politiques, l’écriture littéraire en français langue autre au XXIe siècle. Outre les communications scientifiques, ce colloque proposera également des rencontres avec des écrivains.

Deux précisions s’imposent d’emblée, l’une terminologique, l’autre périodique.

            1. L’appellatif « Français langue autre » est ici à envisager comme une catégorie générique rassemblant pour l’essentiel, mais pas seulement, le Français langue étrangère, le Français langue seconde ou d’enseignement1. Cette étiquette peut certes apparaître inexacte – après tout, l’hétérogénéité est constitutive de la langue maternelle pour le scripteur lambda et, a fortiori pour l’écrivain qui forge, inouïe, sa propre langue2 –, voire fourre-tout, ne serait-ce qu’au regard de toutes les variations diatopiques dont « les » français font l’objet, dans l’Hexagone et dans le monde. Son choix vise d’abord à fédérer dans un même corpus d’étude les écrivains « translingues » faisant littérature dans un français appris en l’absence d’une communauté linguistique d’origine partiellement ou totalement francophone, et les auteurs francophones pour qui le français est langue seconde ou langue de scolarisation, autrement dit une « alterlangue » (Caroline Hervé-Montel, 2012). Plus largement, son choix vise aussi et surtout à n’exclure de l’enquête aucune trajectoire d’écriture en français qui par sa « singularité » bi/plurilinguistique accentuerait la porosité des catégories didactiques et littéraires prédéfinies, défierait leurs limites et, ce faisant, confirmerait l’importance d’une « francophonie individuelle » (Dominique Combe, 1995) qui déjoue les représentations habituelles de la francophonie littéraire.  L’épithète « autre » a ainsi la vertu de souligner que le français langue d’écriture s’inscrit toujours ici dans un rapport (dont la nature reste à définir), au moins latent, à une ou plusieurs autres langues – (autre) langue première, (autre) langue de vie ou d’écriture, voire de traduction/d’auto-traduction, qui aiguise par la comparaison la conscience linguistique de l’auteur pour le doter d’une « surconscience linguistique » (Gauvin, 1996) – et, de facto, autres cultures.

            À titre d’exemple, on pourra ainsi choisir de se pencher sur l’œuvre : du poète de l’entre-deux Tom Riesen qui, « né entre deux langues », le luxembourgeois et le serbe, a choisi le français pour s’exprimer, la seule langue, « la langue de personne », que son père et sa mère avaient en commun ; du « décalé » Akira Mizubayashi qui se sent toujours « hors de place », étranger en français, comme en japonais, sa langue d’origine, à l’instar de la poétesse Ryoko Sekiguchi  qui a écrit en français sur le Liban3 et dont « l’écriture en français laisse percer l’ombre du japonais qui y passe »4 et inversement ; de l’exilé Eugène Green, écrivain américain devenu français à 29 ans, qui, arrivé en France à 22 ans n’avait du français que quelques notions scolaires ; du romancier Miguel Bonnefoy, qui a grandi au Venezuela et au Portugal où il a suivi sa scolarité au sein des Lycées français, qui explore dans son œuvre la question de la filiation et de l’héritage, tout comme la romancière Jakuta Alikavazovic qui est née, vit et travaille en France mais qui parle couramment l’anglais et dont le bosnien est la langue maternelle ; de la poétesse Elke de Rijcke qui « dispose de deux langues natales », l’une écrite (le français), l’autre orale (le néerlandais), et dont le « rapport à la langue est devenu hybride, de sorte que les termes de langue natale, maternelle et étrangère le sont devenus tout autant »5, à l’instar de Rebecca Gisler, qui expérimente une scission croisée au sein de son rapport à la langue natale, partagée entre l’allemand (langue d’écriture première) et le français, langue familiale et orale. 

            2. Quoique de prime abord arbitraire – plus encore dans le cas d’auteurs, tels Assia Djebar, An Antane Kapesh, Eduardo Manet, Vassilis Alexakis, Tahar Ben Jelloun, Amin Maalouf, Dany Laferrière dont l’œuvre appartient aussi au XXe siècle –, le choix de l’année 2000 comme terminus a quo de la période étudiée se justifie néanmoins par des phénomènes contrastés apparus parallèlement dans les années 2000. D’un côté, les positions de prestige conquises dans la Francophonie par les auteurs issus des anciennes colonies, la consécration institutionnelle des « écrivains francophones venus d’ailleurs » (Porra, 2011) par les prix littéraires français6, la contestation de la bipartition « littérature française »/ « littérature francophone » au profit des catégories fédératrices « littératures d’expression française » ou « littératures de langue française », la revendication d’une « littérature-monde » en français par nombre d’écrivains dont Fatou Diome et Alain Mabanckou, la transculturation du champ littéraire français de plus en plus prégnante. De l’autre, la moindre motivation à l’exil vers la France des écrivains latino-américains et centre-européens, la perte de vitesse du français en Afrique au profit de l’anglais voire du chinois7, la tentative de revalorisation des langues nationales africaines (le wolof), le déclin relatif ou mutation du rayonnement culturel de la France à l’étranger8, le recul, y compris en territoire francophone, du paradigme monolingue qui ne correspond plus à la réalité d’un nombre croissant de locuteurs urbains, davantage concernés, dans un monde globalisé, par le paradigme multilingue où des agrégats de la langue « maternelle » (familiaux, émotionnels, linguistiques, socio-culturels, identitaires, etc.) se répartissent sur plusieurs langues9.

 De fait, si les écrivains « migrants de langue française » (Mathis-Moser et Metz-Baumgartner, 2012) ou « Conrad français » constellent l’histoire de la littérature de langue française depuis longue date et plus particulièrement depuis les années 1950 – que l’on songe aux exemples fameux de Beckett, Cioran, Ionesco, Arrabal, Panaït Istrati… et, plus près de nous, Milan Kundera, Nancy Huston, François Cheng ou Wei-Wei –, il convient de se demander ce que faire littérature en français langue autre aujourd’hui veut dire. Quelles valeurs poétiques, sociologiques et idéologiques conférer à ce geste commun qui, « à la croisée des langues » (Gauvin, 2009), de l’intime et du collectif, défie les territoires, les nationalités et jusqu’aux frontières de la Francophonie elle-même ? À défaut de dépasser le caractère irréductible des singularités, peut-on trouver, afin d’esquisser une cartographie, des dénominateurs communs voire des constantes transversales, dans les pratiques, les discours et les imaginaires linguistiques qui le fondent ou l’accompagnent ?

Pour répondre à ces questions, trois axes de réflexion principaux pourront être envisagés et croisés, nullement exhaustifs, dans le cadre de contributions théoriques ou d’études de cas qui, usant de méthodologies variées, seront attentives à des considérations formelles et au travail de la langue :

1. Pour/quoi écrire en français langue autre ? 

– L’adoption du français est-elle revendiquée (Pia Petersen), subie (Agota Kristof), considérée « par défaut » (Danny Laferrière) ou « lingua franca » (Johansson et Dervin, 2009), présentée comme aléatoire (Pedro Kadivar) ou comme le fruit de requêtes éditoriales (Fabio Scotto) ? S’agit-il dans le cas de la diglossie arabe ou haïtienne d’une « chance mais non pas d’un choix »10 ?

– Où et comment ce « choix » est-il exprimé ? Dans des textes critiques, théoriques, affirmant une posture et un ethos, ou fait-il l’objet de considérations métalinguistiques ou d’un paratexte ?

– Pour quelles raisons la langue française est-elle librement « épousée » ? Pour ses « vertus propres » (Salah Stétié), « les possibilités vertigineuses de [s]a syntaxe » (Jan Baetens), ou ses vertus fantasmées (« plasticité particulière » selon Pia Petersen) ? Pour le sentiment de « refuge » (Rithy Panh) qu’elle procure ? Pour son rayonnement, pour l’amour des grands auteurs français (Jonathan Littell, Mahmud Nasimi) ou la passion de la culture française ? De quelles valeurs est-elle idéologiquement porteuse et de quelles représentations est-elle le vecteur dans la culture et l’imaginaire personnels de l’auteur, mais aussi dans sa culture et son pays d’origine ?

– En quoi la langue française permet-elle aux écrivains qui l’ont adoptée de trouver leur voie/voix, d’y (re)construire leur identité d’individu et d’auteur genré (Parlement des écrivaines francophones11), d’« inventer [s]on existence » (Carlo Iansiti), de se soustraire aux « connotations » (Flora Bonfanti) ou aux rigidités de sa langue d’origine (Anna Moï) ?

– Ou bien le français n’est-il qu’un moyen d’expérimentation au même titre que d’autres langues, le but ultime étant pour l’auteur dont la seule véritable patrie est l’écriture de forger sa langue, « sa poésie natale » (Souad Labbize), « la langue des anges » (Nimrod) ? 

– Le passage au français est-il exclusif et définitif (Eugène Green) ? Le français est-il au contraire une langue d’accueil que l’on finit par quitter (Radu Bata), secondaire (Fabio Scotto) ou encore, à la faveur d’un nomadisme interlinguistique, d’une langue d’écriture parmi d’autres (Maria Raluca Hanea) ?

2. Le(s) français au miroir des langues et cultures autres

Quels que soient les postures et les contextes, l’écriture en français – et quelle que soit la variation diatopique de ce français – ne peut s’envisager qu’en rapport, en creux ou en relief, à l’autre langue ou aux autres langues d’écriture possibles. 

– Si persiste/ insiste toujours dans la langue étrangère une part irréductible de langue maternelle, ou « co-maternelle » dans une perspective post-monolingue, quelles sont les traces et empreintes laissées par ce que Monique de Mattia-Vivies (2018) nomme la « langue mat-rangère12 » ? Ces traces sont-elles patentes dans la syntaxe, le lexique, ou sont-elles gommées, seulement visibles dans les avant-textes pour le chercheur en génétique textuelle ?

– En quoi les autres langues servent-elles de crible critique à la langue française, ses règles, son « conservatisme » et la « vigilance permanente autour du français […] très intimidante pour un étranger » (Jody Pou)? Comment celles et ceux qui écrivent en français langue autre poussent-ils « jusqu’à ses limites » (Yasmina Khadra) cette langue qui « par certains aspects […] est comme un État dans l’État » (Eugène Green) ?

– Sur quel mode formel la langue et la culture premières informent-elles le français : le métissage (Raphaël Confiant) ? l’hybridation ? la transmutation « de l’hérédité de sang dans la langue d’accueil » (Assia Djebar) ? l’archaïsation ? la transduction ? Par quels détours et truchements étrangéisent-elles et « transculturent »-elles le français langue d’écriture? Comment l’« intranquillisent »-elles13 en y faisant émerger quantité d’autres langues ?

– Inversement, comment le français, devenu langue « quasi-maternelle », altère-t-il en retour la pratique de l’autre ou des autres langues d’écriture, dans le cas de l’autotraduction notamment ? À moins que l’influence du français ne soit ancienne dans l’écriture d’un auteur, avant même qu’elle ne l’adopte – on pourra ainsi songer à l’exemple d’Atiq Rahimi14.

– La présence diffuse ou omniprésente des langues et cultures autres interroge la réception : quel est le lecteur idéal des œuvres écrites en français langue autre qui sollicitent des compétences linguistiques plurielles, culturelles et historiques que le lecteur occurrent ne possède que rarement ? Lire une de ces œuvres sans connaître la langue maternelle de l’auteur, n’est-ce pas comme lire une œuvre en traduction, sans accès direct à la langue originale ?

3. Des genres et des formes : que fait le changement de langue à la création littéraire ?  

– En quoi le passage au français comme langue d’écriture est-il source et catalyseur de créativité et donne-t-il naissance à des formes et des styles plus expérimentaux ? On pourra questionner la nature hybride du roman graphique, tel qu’il est produit par Zineb Benjelloun, qui tisse l’arabe au français, ou encore par Zeina Abirached qui écrit en français mais « pense [s]es histoires dans toutes [s]es langues, le français, l’arabe et le dessin »15.

– Selon quelles configurations les œuvres plurilingues où le français s’articule ou se mêle à d’autres langues relèvent-elles d’une innovation formelle ? « Les œuvres écrites entre les langues ne se contentent pas de mélanger ou d’alterner des langues, par la tension de l’entre-deux, elles figurent à la fois la présence et le manque, la proximité et la divergence » (Cros et Godard, 2022). Comment, dès lors, s’incarne dans la chair des textes ce qui apparaît comme une poétique des contraires ou du tiraillement ?

– Pourquoi, dans certains cas, l’écriture en français est-elle spécialisée, réservée à certains genres ? On mentionnera ainsi le cas de Simonetta Greggio, de Fouad Laroui et de Mercedes Deambrosis qui usent du français pour leurs romans, mais respectivement de l’italien, du néerlandais et de l’espagnol pour leur poésie.

– Comment le déplacement linguistique, presque toujours corollaire d’un déplacement physique16, se traduit-il sur le plan de l’écriture ? Favorise-t-il la création de personnages cosmopolites ainsi que la thématisation du bi/plurilinguisme et de la double/multiple appartenance culturelle ?

Modalités de participation 

Assorties d’une courte biobibliographie, les propositions de communication (400 mots environ et avec un titre provisoire) sont à envoyer jusqu’au 16 février 2024 à : karine.germoni@sorbonne.ae

Calendrier 

Jusqu’au 16 février 2024 : réception des propositions

23 février 2024 : envoi des notifications d’acceptation

25 et 26 avril 2024 : tenue du colloque

Comité scientifique

Karl Akiki (Université Saint Joseph/Académie Internationale de la Francophonie Scientifique -AUF)

Olga Anokhina (CNRS-ITEM)

Alain Ausoni (Université de Lausanne)

Lourdes Carriedo (Universidad Complutense de Madrid)

Sara De Balsi (Université de Cergy-Pontoise)

Romuald Fonkoua (Sorbonne Université)

Lise Gauvin (Université de Montréal)

Karine Germoni (Sorbonne Université/Sorbonne Université Abu Dhabi)

Anne Godard (Sorbonne Nouvelle)

Angeliki Kordoni (Sorbonne Université Abu Dhabi)

Álvaro Luna-Dubois (New York University Abu Dhabi)

Véronique Porra (Johannes Gutenberg-Universität)

Comité d’organisation

Alexis Collet (Sorbonne Université Abu Dhabi)

Karine Germoni (Sorbonne Université/Sorbonne Université Abu Dhabi)

Álvaro Luna-Dubois (New York University Abu Dhabi)

Célia Ouali (Sorbonne Université Abu Dhabi)

Leila Sammou (Sorbonne Université Abu Dhabi)

Mona Wehbe (Sorbonne Université Abu Dhabi)

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Format de l’événement

Événement comodal (sur site et en ligne)

Informations utiles

Il n’y a pas de frais d’inscription. Le transport et l’hébergement sont à la charge des participants. Les déjeuners seront pris en charge par les universités organisatrices Sorbonne Université, Sorbonne Université Abu Dhabi et New York University Abu Dhabi.

Bibliographie indicative

Allard, Cécilia et De Balsi, Sara, Le choix d’écrire en français. Études sur la francophonie translingue, Amiens, Encrage, 2016.

Anokhina, Olga et Sciarrino, Emilio, Entre les languesGenesis, 46 (18), Paris, PUPS, 2018.

Anokhina, Olga, Multilinguisme et créativité littéraire, Louvain-La-Neuve, L’Harmattan/Academia, « Au cœur des textes », n°20, 2012.

Anokhina, Olga, Ausoni, Alain (dir.), Vivre entre les langues, écrire en français, Paris, EAC, 2019.

Ausoni, Alain, Mémoires d’outre-langue. L’écriture translingue de soi, Slatkine Érudition, 2018.

Ausoni, Alain (dir.), La Francophonie translingue, Interfrancophonies, n°9, 2018.

Ben Saad, Nizar, « Écrire dans la langue de l’Autre : risques et enjeux », Revue de littérature comparée 2008/3 (n°327), p.289-298.

Cassin, Barbara, Plus d’une langue, Paris, Bayard, 2012.

Bruera, Franca (dir.), Écrivains en transit. Translinguisme littéraire et identités culturelles. Scrittori in transito. Translinguismo letterario e identità culturali, CosMo, 2017, n°11.

Chirila, Ileana Daniela, La République réinventée : les littératures transculturelles dans la France contemporaine, thèse de Doctorat, Duke University, 2012,

Combe, Dominique, Poétiques francophones, Paris, Hachette, 1995.

Combe Dominique, Littératures francophones. Questions, débats et polémiques, Paris, PUF, 2019 [2010].

Cros, Isabelle et Godard, Anne (dir.) (2022), Écrire entre les langues. Littérature, traduction, enseignement, Éditions des archives contemporaines. France. https://doi.org/10.17184/eac.9782813004642  

De Balsi, Sara, Agota Kristof : écrivaine translingue, Paris, Presses Universitaires de Vincennes, 2019.

De Balsi, Sara, La francophonie translingue. Éléments pour une poétique, Rennes, PUR, 2024 (à paraître).

De Mattia-Viviès, Monique, « Entrer dans la langue ou dans les langues : de la langue maternelle à la langue “mat-rangère” », E-rea [En ligne], 16.1 | 2018, mis en ligne le 15 décembre 2018. https://doi.org/10.4000/erea.6502

Delbart, Anne Rosine, Les Exilés du langage : un siècle d’écrivains français venus d’ailleurs (1919-2000), Limoges, Pulim, « Francophonies », 2005.

De Rijcke, Elke, « Mes langues natales : écrire entre deux langues », Poezibao, Disputaison « Quitter sa langue, écrire en français », série B, n°17, https://www.poesibao.fr/quitter-sa-langue-natale-ecrire-en-francais-17-elke-de-rijcke-2/ (25 janvier 2023).

Derrida, Jacques, Le monolinguisme de l’autre ou la prothèse d’origine, Paris, Galilée, 1996.

Duhan, Alice, « L’Écriture en langue étrangère comme pratique et comme poétique : le cas de deux écrivains « francographes », Nancy Huston et Andreï Makine », Nottingham French Studies, Volume 56 Issue 2, p. 212-226.

Fonkoua, Romuald et Pierre Halen, Pierre (dir.), Les Champs littéraires africains, Paris, Karthala, 2001.

Gauvin, Lise, « Glissements de langues et poétiques romanesques : Poulin, Ducharme, Chamoiseau », dans Gauvin, Lise (dir.), L’Écrivain et ses langues, 1996, n°101, p. 5-24.

Gauvin, Lise, Les Langues du roman : du plurilinguisme comme stratégie textuelle, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1999.

Gauvin, Lise (dir.), L’écrivain francophone à la croisée des langues. Entretiens. Paris, Karthala, « Lettres du Sud », 2009.

Gauvin, Lise, Des littératures de l’intranquillité, Paris, Karthala, « Lettres du Sud », 2023.

Hervé-Montel, Caroline, Renaissance littéraire et conscience nationale. Les premiers romans en francais au Liban et en Egypte (1908-1933), Paris, Geuthner, 2012.

Godard, Anne, La Littérature dans l’enseignement du FLE, Paris, Didier, 2015.

Ivantcheva-Merjanska, Irene, Écrire dans la langue de l’autre : Assia Djebar et Julia Kristeva, 2015.

Johansson, Marjut et Dervin, Fred, « Cercles francophones et français lingua franca : pour une francophonie liquide » International Journal of Francophone Studies, n° 2/3, 2009, p. 385-404.

Jouanny, Robert, Singularités francophones ou choisir d’écrire en français, Paris, PUF, « Écritures francophones », 2000.

Kellman, Steven G., The Translingual Imagination, Londres, University of Nebraska Press, 2000.

Emmanuel Khérad, « Écrire dans une autre langue ; Entretien avec Simonetta Greggio, Pedro Kadivar, Fouad Laroui ». https://www.sgdl.org/sgdl-accueil/presse/presse-acte-des-forums/lalangue-francaise-pour-territoire/3105-ecrire-dans-une-autre-langue

Laroui, Fouad, Le Drame linguistique marocain, Zellige Éditions, 2011.

Marchand, Aline, et Pascale Roux (dir.), « Entre deux langues : l’écrivain-traducteur et le bilinguisme aux XXe et XXIe siècles », Recherches & travaux, 2019, n°95.

Mathis-Moser, Ursula et Mertz-Baumgartner, Birgit (dir.). Passages et ancrages. Dictionnaire des écrivains migrants de langue française, Paris, Champion, 2012.

Porra, Véronique, Langue française, langue d’adoption. Une littérature « invitée » entre création, stratégies et contraintes (1946-2000), Hildesheim, Georg Olms Verlag, 2011.

Solon, Pascale, « “Quand j’écris en arabe, je sens comme un poids sur ma main”.  L’écriture d’Amin Maalouf entre l’arabe et le français », dans Robert Dion, Hans-Jürgen Lüsebrink et János Riesz (dir.), Écrire en langue étrangère.  Interférences de langues et de cultures dans le monde francophone, Québec/Francfort, Nota bene/IKO-Verlag, 2002, p. 65-86.

Stétié, Salah, Le français, l’autre langue, Arles, Actes Sud, « L’impensé », 2001.

Suchet, Myriam, L’Imaginaire hétérolingue, Paris, Classiques Garnier, 2014.

Wismann, Heinz, Penser entre les langues, Paris, Albin Michel, 2012.

Yildiz, Yasedin, Beyond the Mother Tongue : The Postmonolingual Condition, New York, Fordham University Press, 2012.

— Notes —

1. La notion de « langue seconde » fait référence à une langue généralement reconnue officiellement et utilisée dans une zone géographique particulière, notamment dans les domaines de l’administration, du commerce et de l’enseignement (supérieur), tandis que « langue étrangère » renvoie à une langue qui n’est pas couramment utilisée dans cette zone spécifique. La notion de « français langue de scolarisation » (FLSco) s’est développée, depuis la fin des années 1980, tant pour les enfants migrant en France que pour les écoles françaises de l’étranger et pour l’enseignement des disciplines dites « non linguistiques ».

2. « L’“Autre” par excellence, c’est d’abord la langue elle-même », dit justement Ryoko Sekiguchi. On connaît encore cette fameuse citation de Proust : « Écrire, c’est toujours écrire dans une langue étrangère », ou celle de Sartre : « On parle une langue, on en écrit une autre ».

3. 961 heures à Beyrouth (et 321 plats qui les accompagnent), Paris, P.O.L, 2011.

4. Ryoko Sekiguchi, « Écrire double » https://remue.net/Ecrire-double-Ryoko-Sekiguchi

5. Elke de Rijcke, « Mes langues natales : écrire entre deux langues », Poezibao, Disputaison « Quitter sa langue, écrire en français », série B, n°17, https://www.poesibao.fr/quitter-sa-langue-natale-ecrire-en-francais-17-elke-de-rijcke-2/ (25 janvier 2023).

6. François Cheng est membre de l’Académie française depuis 2002. En 2008, le Goncourt est attribué à l’afghan Atiq Rahimi, tandis que le Renaudot va au guinéen Tierno Monembo (originaire de Guinée) et le prix Théophile Gautier de l’Académie française est remis à Seymus Dagtekin (né dans la partie turque du Kurdistan). 2008 est l’année où Tahar Ben Jelloun entre à l’Académie Goncourt.

7. L’exemple du Rwanda et du Burkina Faso est à ce titre édifiant.

8. « Culture française. Déclin ou mutation ? », Le Monde, 21 décembre 2007 ; Donald Morrison et Antoine Compagnon, Que reste-t-il de la culture française ? suivi de Le Souci de la grandeur, Paris, Denoël, 2008.

9. Voir Yasedin Yildiz, Beyond the Mother Tongue : The Postmonolingual Condition (2012), paraphrasé par l’écrivaine bruxelloise Elke de Rijcke, art. cité.

10. Le Drame linguistique marocain de Fouad Laroui (Zellige, 2011) concerne en réalité l’ensemble du Maghreb : « [G]énéralement on écrit dans sa langue maternelle, ce qui est le cas de 99% des auteurs. Mais les Maghrébins ne peuvent pas écrire dans leur langue maternelle car c’est une langue qui ne s’écrit pas. Personne n’écrit en dialecte. Alors vient le choix : est-ce qu’ils vont écrire en arable classique ? Très belle langue, certes, mais impossible à manier. […] Quelle est la solution ? C’est le français, pour ceux qui sont allés à l’école française, ceux pour qui le français est quasiment une langue maternelle. […] Cette analyse concerne la diglossie arabe. Techniquement la diglossie existe aussi en Haïti. […] Pour l’amour de dieu, si j’ose dire, n’utilisons plus jamais le mot « choisir » en ce qui concerne les écrivains du Maghreb qui s’expriment en français. Le français, je ne dirais pas que c’est un pis-aller, c’est une chance pour eux parce qu’ils peuvent s’exprimer avec le français mais ça n’a jamais été un choix et ce n’est pas un choix. » C’est une difficulté du même ordre que vivent les écrivains libanais, tels qu’Amin Maalouf, ainsi que le rappelle Pascale Solon (2002).

11. Ce collectif de 130 écrivaines venant des quatre coins du monde, a pour objectif, depuis 2018, de rendre visible l’apport des femmes en littérature, de constituer une force et un espace de parole au féminin, en français, cette « langue en partage, que nous métissons », commente Faouzia Zouari la présidente du collectif, « avec nos souffles singuliers mais qui reste notre véhicule de valeurs, de rêves et de combats », « “Les femmes qui écrivent sont-elles dangereuses ?” se demandera le Parlement des écrivaines francophones à Beyrouth ». Entretien avec Faouzia Zouari. Propos recueillis par Georgia Makhlouf, le 20 octobre 2022. https://www.lorientlejour.com/article/1315121/-35.html.

12. « Pourquoi ne pas parler une langue mat-rangère, tout à la fois in/hors matrie, sans pour autant dénaturer la langue étrangère mais en laissant s’y déposer un résidu, qui garde la trace de son rapport à lalangue, permettant ainsi, pour un locuteur donné, l’investissement corporel de la langue étrangère, qui aurait ainsi plus de chance de sonner juste ? »

13. En référence au titre de l’ouvrage récent de Lise Gauvin, Des littératures de l’intranquillité, Paris, Karthala, « Lettres du Sud », 2023, dont la thèse est qu’en situation de minorité face au français de France, les littératures francophones font émerger quantité d’autres langues en elles – créole, malinké ou encore l’anglais.

14. « [M]ême quand j’écrivais en persan, mon écriture dérangeait mes compatriotes. Non seulement sur le plan thématique contre la société phallocrate, les dogmes religieux, la frustration sexuelle… mais aussi sur le plan stylistique : j’appliquais dans ma langue maternelle la rhétorique de la langue française. Ensuite, quand je me suis mis à écrire en français, c’était l’inverse, j’appliquais et j’applique toujours la rhétorique de ma langue maternelle dans cette belle langue d’adoption. Cela donne, il me semble, une troisième langue, une langue presque étrangère. », « Rencontre avec Atiq Rahimi », mise en écrit par Carole Leymarie, Kristèle Nonnet-Pavois, Champ lacanien, 2019/2, n°23, p.141-147.

15. Baptiste Roger-Lacan, « Beyrouth nous reconnaîtra-t-elle ? Une conversation avec Zeina Abirached », Le Grand Continent, 29 novembre 2020. https://legrandcontinent.eu/fr/2020/11/29/zeina-abirached/

16. Dans les faits, la France et le Québec demeurent les deux pôles du monde francophone qui attirent le plus les « migrations littéraires ».

Evénement : Les anglaix et le Screen Talk en français au pluriel : recherches-créations en contagion

Paris, 11 décembre 2023 et 12 décembre 2023

Université Sorbonne Nouvelle, 8 avenue de Saint-Mandé, 75012 Paris, salle 312

Avec Nicoline van Harskamp, Myriam Suchet et de fabuleuXes invitéEs : Vincent Broqua, David Christoffel, Anne Godard, Loïc Grobol, Damien Nouvel et Sherry Simon.

Both not easily pinned down in their respective disciplines and visual art, Myriam Suchet and Nicoline van Harskamp met through their shared interest in pluralising languages; in Françaix and Englishes. On December 12th, they will organize half a day at the Sorbonne Nouvelle, to explore some current issues in their work. There will be a remue méninges with a number of invited colleagues, followed by a public event. You are very excited to welcome you to both !
 

The evening will stage a performance – and a cocktail.

11 décembre 2023


12 décembre 2023

  • 14h-18h Frenches, Englishes and Screen Talk – an interdisciplinary meeting about language variety in the age of AI avec Nicoline van Harskamp, Vincent Broqua, David Christoffel, Anne Godard, Loïc Grobol, Damien Nouvel, Sherry Simon et Myriam Suchet. The discussion (from 1pm to 5pm) will be held in English (with translation if required).
  • 18h-20h Soirée ouverte Contagious Speech : exposition et performance avec Jia Chen,  Davoud Farzam Azad.

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L’exposition de Myriam Suchet vous invitera à naviguer dans l’arborescence du site www.enfrancaisaupluriel.fr

Côté site de recherche, il s’agit de rendre disponibles les contenus et les résultats d’une enquête qui porte sur le « s » d’en français pour révéler qu’il s’agit d’une marque de pluriel.
Côté machine à chercher, le désir est d’inventer une manière de penser-pratiquer-créer susceptible de se surprendre elle-même.
Pour vous lancer, trois entrées :
1. la bibliothèque contenant les textes de départ,
2. le kit de désapprentissage qui réunit des propositions pédagogiques en FLE,
3. la galerie du musée numérique où sont exposés des œuvres inédites d’artistes invitéEs, librement inspirées par les textes de la bibliothèque de départ

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Nicoline van Harskamp is a visual artist whose work considers acts of language and solidarity. Her series Englishes and the online project Englishes MOOC are dedicated to the emancipation of “non-native” users of the English language. In her recent work Contagious Speech, she questions how the prevalence of virtual “screen talk” – conversation through devices connected to the internet – influences the nature of “real life” speech, as well as the power balance between languages. For this work, Nicoline synthesized her own voice, and learned about aspects of breath and voice in natural language processing and text-to-speech engines. This autumn and winter, Nicoline surveys prosodic factors like intonation, pitch and speed, in AI-generated speech, for a new work-in-progress. Her goal is to write and produce stage dialogues for human and “neural” performers.

www.englishes-mooc.org

www.contagious-speech.org

www.vanharskamp.net

Spectacle “En langueS françaiseS” à Paris, Le 8 octobre 2023 à la Cité Internationale des Arts de Paris et le 9 octobre 2023 à la Cité Universitaire de Paris

En langueS françaiseS, processus au long cours

Recherches, investigations, rencontres, écritures, jeux, traversées, imaginaires.

Dix textes.
Dix auteurs.
Dix interprètes.
Dix heures.

En langueS françaiseS débute en 2020 à la Cité Internationale des Arts.
Dix auteurs de l’espace dit « francophone » sont invités en écriture, en dramaturgies, en langages d’un monde en communs et en différences.

En LangueS françaiseS est une pièce de théâtres.
Un manifeste de mots dans les français du monde, un poème décuplé à l’horizon changeant.
Une audace partagée par-delà les frontières.

Et aussi tout autres choses. En langueS françaiseS.

En 2023, nous avons dit tout cela à Bordeaux en juin, à Uzeste en août, à Cognac en septembre.

Nous voici àLimoges. Le 30 septembre.

Et nous nous déployons à Paris les 8 et 9 octobre prochains.

C’est la dernière étape avant la suite. C’est un nouveau laboratoire de recherches, une suite en suspensions, un GRAND rendez-vous.

Avec les autrices et les auteurs :

Amira Gehanne Khalfallah (Algérie), 
Dorcy Rugamba (Rwanda), 
Jean d’Amérique (Haïti), 
Françoise Dô (Martinique),
Isabelle Loubère (Occitanie), 
Dalila Boitaud (France), 
Yaya Diomandé (Côte d’Ivoire), 
Valérie Cachard (Liban), 
Sedjro Giovanni Houansou (Bénin). 

Avec les actrices de la recherche

Myriam Suchet, Julie Peghini

Avec les actrices et acteurs du processus :

Claudia Noëlla Shimwa, François Rascalou, Wilda Philippe, Jean-Marie Songy, Marie-Leïla Sekri, 
Vincent Mazaudier, Isabelle Loubère, Christophe lafargue dit Garniouze, Dalilà Boitaud-Mazaudier, Cyril Dillard, Adrien Maufay, Nathalie Harb, Ingrid Serreau, Anouk Roussely, Christophe Quesnel, Sophie Duluc, Izène Depinay, Adrien Guillot, Katie Palluault

Nous vous invitons avec tant de plaisirs pour ces instants tout à fait extra ordinaires.

A Limoges.

A Paris.

Et dans les langueS françaiseS du Tout Monde.

Rejoignez-nous dans les communs de nos divergences, dans les espaces sensibles de nos éclats de verbes. 


Le 8.10.2023 de 14h à 21h à la Cité Internationale des Arts de Paris, 18 Rue de l’Hôtel de ville, 75004 Paris. Métro Pont Marie (Cité Internationale des Arts)

Le 9.10.2023 de 14h à 22h à la Cité Internationale Universitaire de Paris, Fondation Lucien Paye, 45 Bd Jourdan, 75014 Paris. Tram T3A et RER B Cité universitaire

Entrée libre 
Renseignements au 06 22 51 09 16 ou 07 60 88 28 40


Toute l’équipe de la compagnie Uz et Coutumes et du processus En langueS françaiseS adresse ses plus amples remerciements à Bénédicte Alliot et l’équipe de la Cité Internationale des Arts et à Julie PEGHINI, directrice de la Fondation Paye.
Vous avez su nous ouvrir les portes et la voie en toute dernière minute, sans vous cette invitation n’existerait pas.
Grâce à vous….

Katie Palluault
Compagnie Uz et Coutumes
www.uzetcoutumes.com